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Spécialiste en épidémiologie des conduites addictives aux drogues et à l’alcool (Inserm), Françoise Facy s’est intéressée à "l’addiction au féminin". Dans un entretien pour la revue "Inserm Actualités", après son intervention lors des journées Addiction 2008, qui se sont tenues à Dijon les 29 et 30 mai derniers, elle a défini ce qu’elle nomme "l’addiction au féminin".
Première constatation : « Les femmes sont minoritaires par rapport aux hommes pour l’ensemble des comportements addictifs, à l’exception des troubles des conduites alimentaires ». Si bien que les centres de soins en alcoologie ou toxicomanie accueillent 75 % d’hommes et 25 % de femmes. Chez les personnes jeunes, se dessinent des spécificités en fonction du sexe : les garçons sont plus portés à la consommation d’alcool et de cannabis, alors que pour les filles, le tabac et les médicaments psychotropes sont des addictions plus fréquentes. La chercheuse constate surtout que la prise en charge médico-psychologique des femmes dépendantes reste problématique en France : contrairement aux Etats-Unis ou à l’Europe du Nord, il n’existe pas d’offre de soins adaptée à la femme dépendante ; par ailleurs, selon une étude de l’Inpes (2005), les femmes sont mal informées quant aux risques de la consommation d’alcool pendant la grossesse. Ainsi, 40 % des femmes interrogées disent n’avoir eu aucun message d’avertissement durant leur suivi de grossesse. A noter Le Plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011 a été présenté le 11 juillet 2008 par Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT). L’accent a été mis sur la prévention contre la consommation excessive d’alcool, notamment chez les jeunes. Suite à ce plan, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a présenté, le 18 juillet, les mesures envisagées pour lutter contre l’alcoolisme chez les jeunes, en proposant d’interdire la vente d’alcool aux mineurs et les open bars, et en lançant une vaste campagne d’information (spots TV, radio, brochure d’information, mini-site Internet) intitulée « Boire trop : des sensations "trop" extrêmes ». En cause, notamment, le Binge-drinking, qui touche de plus en plus d’adolescents en France. Cette pratique, connue depuis longtemps dans les pays anglo-saxons et nordiques, consiste à ingurgiter un maximum d’alcool en un minimum de temps. Interrogé par "Libération", le Dr Georges Picherot, qui dirige le service des urgences pédiatriques du CHU de Nantes, constate une hausse inquiétante des cas d’hospitalisation d’adolescents pour des problèmes liés à l’alcool. Les points communs entre ces jeunes : ils boivent en petits groupes, hors des lieux festifs, et ont une prédilection pour les alcools forts comme le whisky ou la vodka. avenirsdefemmes.com - Août 2008 Sources Inserm Actualités n°210, juin-juillet-août 2008 ; www.drogues.gouv.fr ; libération.fr, 18 juillet 2008. |