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Les bébés se moquent de la crise !

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Écrit par La Rédaction
797 000 bébés sont nés en métropole en 2010, c’est un record depuis 1982. L’indicateur de fécondité atteint 2,00 enfants par femme. Un niveau qui n’avait plus été atteint depuis la fin du baby-boom, il y a plus de 35 ans. Ces chiffres ont surpris les experts, qui attendaient plutôt une baisse de la fécondité en 2010, du fait de la récession et de l’augmentation du chômage.
La hausse du chômage aurait bien un impact sur ces chiffres, mais comme facteur de hausse et non de baisse de la fécondité. En effet, les femmes sans emploi auraient profité de leurs disponibilités pour faire des enfants.
D’après une étude réalisée par l’INED à partir d’une revue systématique des récessions survenues dans les pays développés au cours des dernières décennies, il semble que :
•    Les crises économiques ne réduisent pas les naissances, mais les retardent, et plus particulièrement la naissance du premier enfant.
•    Curieusement, les indicateurs économiques ont un impact modeste sur la fécondité. Par ailleurs, la situation économique d’un pays, influence plus les décisions d’un couple que sa situation personnelle.
•    Le chômage masculin a plus d’impact sur la fécondité que le chômage féminin.
•    Le chômage des femmes les plus instruites favorise le report de la grossesse, alors qu’il semble accélérer la naissance du premier enfant chez les moins instruites.
•    L’âge influence la fécondité. Les moins de 30 ans, plus sensibles à la conjoncture économique retardent davantage l’arrivée de la première naissance que les femmes plus âgées.
•    Le niveau de fécondité est moins sensible aux crises économiques dans les pays ayant développé une politique familiale et un système de sécurité sociale assurant une certaine protection en matière d’emploi, de santé et de logement.

A partir de ces résultats, l’INED insiste sur le fait, que ce qui est vrai pour un pays, ne l’est pas forcément pour un autre. Ainsi, en France, la fécondité semble plus liée aux variations du taux de chômage ou des indicateurs de confiance dans l’avenir qu’aux variations du PIB. Si une crise économique entraîne le plus souvent un recul des naissances, l’effet inverse peut se produire, comme cela a été noté en Finlande dans les années 1990, ou en France en 2010.

avenirsdefemmes.com – juin 2011

Source : Gilles Pison. INED. Population et Société n° 476, mars 2011.
Dernière mise à jour : ( 22-06-2011 )
 

 

Date de la dernière mise à jour du site : 29-02-2012

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