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Le docteur House, héros de la série éponyme, le dit avec son cynisme habituel : « Je ne me demande pas pourquoi les patients mentent. Je considère simplement qu’ils le font tous ».
Le journal Libération* a enquêté sur le sujet et, à travers des témoignages, relevé les mensonges les plus courants, les situations qui nous poussent à mentir, comme le ferait un enfant face à l’autorité parentale. En voici quelques-uns et d’autres dans lesquels vous vous retrouverez peut-être.
- La cigarette : à la question « combien de cigarettes fumez-vous par jour ? », beaucoup de fumeurs donnent un chiffre en deçà de la réalité de peur de se faire taper sur les doigts (ou bien ils affirment qu’ils sont sur le point d’arrêter). On constate le même type de mensonge sur l’alcool, la consommation de drogues étant quant à elle plutôt dissimulée.
- Les arrêts maladie : les médecins reconnaissent généralement ces patients qui inventent ou exagèrent leurs symptômes pour obtenir un arrêt maladie. Le cas des hypocondriaques est un peu différent : leur peur réelle de la maladie les pousse à multiplier les consultations et les examens de contrôle.
- L’hygiène dentaire : il va de soi que nous nous lavons les dents matin et soir et que nous veillons à ce que nos enfants fassent de même…
- Les infections sexuellement transmissibles : il est parfois difficile de parler de ses symptômes génitaux (ou d’une suspicion d’infection) à son médecin de famille, et certaines personnes préfèrent alors consulter un praticien qui ne les connaît pas. - Les troubles de la région anale (hémorroïdes, démangeaisons…) : beaucoup de patients n’osent pas en parler, quitte à continuer à souffrir, ou ils ne les évoquent qu’en fin de la consultation, sur le pas de la porte (« À propos docteur, j’ai oublié de vous signaler… »).
- Les régimes alimentaires : même si la balance ne ment pas, on n’a pas toujours envie d’avouer ses écarts à son nutritionniste ou médecin (précisons malgré tout qu’il n’y a pas toujours mensonge : certaines personnes ont réellement du mal à perdre du poids).
- Chez le pédiatre : il est très culpabilisant d’avouer qu’il nous arrive de fumer dans la maison alors que notre enfant est asthmatique, d’expliquer que non, on ne prépare pas des légumes frais tous les jours et que les chips et autres aliments industriels sont très pratiques, qu’on n’est pas forcément disponible tous les soirs pour le « rituel du coucher »…
- L’autruche : certains patients évitent de parler d’antécédents (familiaux ou personnels) ou de symptômes qui pourraient révéler une maladie sérieuse. Comme le dit une des personnes interrogées pour l’article de Libération : « Ne pas savoir, donc ne pas l’avoir ».
- La grossesse : devant le gynécologue, nous respectons naturellement toutes les recommandations de prudence (pas de tabac, pas d’alcool, pas de viande et de poisson crus, pas de crustacés…)…
- L’application du traitement : 30 à 60 % des patients ne respecteraient pas strictement les consignes de leur médecin en matière de médicaments (on parle de mauvaise observance). Dans la plupart des cas, on imagine qu’ils ne l’avouent pas en consultation.
La plupart des médecins ne sont pas dupes de ces mensonges. Tout leur talent consiste à deviner ou prendre en compte ces non-dits et petites faiblesses, à déculpabiliser leurs patients et à les mettre suffisamment à l’aise pour les encourager à plus de transparence.
* Libération, 15 avril 2008, Emmanuel Peyret
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