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Quel est l'avenir de l'Aide Médicale à la Procréation en France ?

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Écrit par La rédaction

Près de 40 ans après la création du premier Centre de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos) et 30 ans après la naissance d’Amandine, le premier enfant issu d’une fécondation in vitro (FIV) en France, l’aide médicale à la procréation (AMP) n’est plus une pratique médicale marginale.

En 2008, 20 136 enfants sont nés suite à une AMP pratiquée en France, soit 2,4 % de l’ensemble des naissances ! Pourtant les interrogations éthiques, sociales et juridiques les plus diverses persistent, en témoignent les controverses suscitées récemment par la révision de la loi de Bioéthique.

Aujourd’hui, l’enjeu est d’améliorer la qualité des résultats, c'est-à-dire de maitriser au mieux les risques et les contraintes de l’AMP. La multiplication des tentatives d’AMP ne garantit pas la naissance d’un enfant ; en effet, il a été démontré que le taux cumulé d’accouchement plafonnait entre 60 et 70 % selon l’âge. C’est sur cette base que l’Assurance maladie limite à 4 par couple le nombre de tentatives prises en charge. Côté technique, l’ICSI (micro-injection de spermatozoïdes) représente plus de 63 % des tentatives de fécondation in vitro. Cette technique montre une augmentation continue des taux de grossesses et de naissances avec, cependant, une diminution du taux de grossesses multiples de haut rang. A ce jour, aucun effet délétère significatif et prouvé scientifiquement sur les enfants n’a été mis en évidence.

Si l’on compare l’organisation des soins, le Danemark, avec une population de 5,5 millions de personnes, dispose de 21 structures pratiquant l’AMP ; l’Allemagne 120, pour 75 millions d’habitants, et la France 100 pour 60 millions d’habitants (données 2004). Cependant, il reste difficile de comparer les résultats obtenus dans ces différents pays, car ils sont liés aux techniques utilisées et aux exigences réglementaires qui déterminent les indications.

Ce que l’on peut dire du dispositif français, c’est qu’il est égalitaire. Les 100 centres d’AMP sont bien répartis sur le territoire, et assurent une qualité, une sécurité et la gratuité aux couples ayant recours à l’AMP. Mais la réglementation et l’organisation de filières internationales, poussent les  couples qui ne rentrent pas dans les critères réglementaires d’accès à l’AMP à rechercher des structures pouvant satisfaire leur souhait de procréation.

Un véritable business s’est mis en place au niveau international. Un récent numéro du Bulletin épidémiologique hebdomadaire insiste sur le fait que la différence entre les systèmes de soins se fera sur la qualité de la prise en charge, d’où l’intérêt pour les spécialistes de l’améliorer. Concrètement, cela passe notamment par la réduction du taux de grossesses multiples, une meilleure information des couples sur les contraintes et les résultats, un renforcement du suivi à long terme. L’auteur souligne la problématique française de l’accès au soin en cas de tiers donneur (dons de spermatozoïdes, d’ovocytes ou d’embryons), qui serait l’une des causes de la limitation de cette activité qui ne représente que 1 % de l’activité globale de l’AMP, alors que cette technique offre d’excellents résultats en terme de grossesse.

 

Source : L’assistance médicale à la procréation. BEH 2011, n° 23-24.

Dernière mise à jour : ( 13-12-2011 )
 

 

Date de la dernière mise à jour du site : 29-02-2012

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