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Elles ont fait la France - Portraits de grandes dames qui ont marqué l'histoire.

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Écrit par Julie FORTIS

Notre histoire est jalonée de récits relatant les faits glorieux de guerriers ou de rois, laissant de côté les femmes qui pourtant ont participé à l'édification de la France. Femmes méconnues, grandes intellectuelles ou reines légendaires ...

Nous vous proposons neufs portraits de femmes sans lesquelles, aujourd'hui, la France n'aurait pas le même visage.

Avenirs de femmes n°17/2008

 

Portrait de femme

Les figures féminines méconnues

 

Sainte Geneviève, Sainte mérovingienne, patronne de Paris.

Geneviève naît en 422, à Nanterre, dans une famille pieuse et modeste. Elle n’a que 7 ans lorsqu’elle rencontre l’évêque d'Auxerre et lui promet de se consacrer au Christ. A la mort de ses parents, elle s’installe à Paris, où elle mène une vie ascétique et accomplit des miracles qui la font connaître des Parisiens. Lorsqu’en 451, les Huns menés par Attila envahissent la Gaule, Geneviève convainc les Parisiens de ne pas fuir. Elle rassemble les femmes et prie avec elles pour le salut de la ville. Le miracle s’accomplit, les Huns contournent la capitale, Paris est sauvé ! Pour la remercier, elle est nommée Sainte patronne de Paris. Quelques années plus tard, les Francs assiègent la ville. Elle organise une expédition en bateau vers Troyes pour chercher des vivres, sauvant ainsi les Parisiens de la famine. Sainte Geneviève meurt à près de 90 ans. Elle est considérée comme la protectrice de Paris, et le coffret contenant ses reliques sera promené dans les rues chaque fois que la ville sera menacée.

La princesse Dhuoda, première pédagogue, règne sur la Septimanie. 

Issue de de l’aristocratie, Dhuoda naît au début du IXe siècle. A 20 ans, elle épouse Bernard, puissant duc de Septimanie (le Languedoc-Roussillon actuel) et entre à la cour de l’empereur Louis le Pieux. En 826, elle donne naissance à Guillaume et, sur ordre de son mari, part diriger la Septimanie. Délaissée, elle s’engage corps et âme dans sa nouvelle fonction. En 840, l’empereur meurt ; ses trois fils, Charles le Chauve, Louis le Germanique et Lothaire, se disputent le trône. Bernard, qui a pris le parti de Lothaire, rejoint Dhuoda et lui donne un second fils.
Mais c’est Charles qui prend la tête de l’Empire, obligeant Bernard à faire amende honorable. En échange de son pardon, le roi exige que Guillaume  vienne vivre à la cour, un moyen de pression qui lui assure la loyauté du Duc. Séparée de ses enfants, Dhuoda rédige le manuel  pour mon fils, dans lequel elle expose ses principes d’éducation : elle insiste sur la nécessité d’obéir à Dieu, mais aborde aussi des thèmes novateurs comme la fidélité au père, au roi, à la parole donnée. Ce livre est l’un des premiers où sont énoncées les valeurs qui seront à la base de la société féodale.

Christine de Pisan, féministe et première femme de lettres vivant de sa plume.   

Née à Venise en 1364, elle entre à la cour du roi Charles V à l’âge de 4 ans. Douée pour l’écriture, elle compose des pièces lyriques qui lui valent l’admiration de tous. En 1379, elle épouse Étienne de Castel, noble peu fortuné. Mais le malheur frappe la famille, son père meurt, puis son époux, laissant Christine sans ressources avec trois enfants à charge. Pour gagner sa vie, elle devient “homme de lettres” et publie, en 1402, Le Livre des cent ballades, une série de pièces lyriques qui parlent de son deuil et de sa solitude. Forte de son succès, elle obtient des commandes et s’intéresse à la condition des femmes. Elle écrit L’épître au Dieu Amour en réaction au célèbre roman de Jean de Meung, et le Roman de la Rose pour défendre l’image de la femme. De cette confrontation naîtra une des plus grandes polémiques littéraires de l’époque. En 1405, elle publie son œuvre maîtresse La Cité des dames, le tout premier ouvrage féministe.

La Cité des dames

  

Les souveraines qui ont compté

Aliénord'Aquitaine, de la couronne de France à celle d'Angleterre

Née en 1122, Aliénor (l'autre Aénor en langue d’Oc) est la fille de Guillaume X, duc d’Aquitaine, et d’Aénor. A la mort de son père, en 1137, elle épouse le futur roi de France, Louis VII, et monte sur le trône quelques mois plus tard ; elle n’a que 15 ans. En 1145, elle met au monde une fille, Marie. En 1150, la naissance d’une deuxième fille et les soupçons d’infidélité qui pèsent sur la reine mènent le couple au divorce. En 1154, Aliénor épouse Henri Plantagenêt, duc d’Anjou et futur roi d’Angleterre.
Très éprise de son nouvel époux, elle lui donne huit enfants, dont le futur Richard Cœur de Lion. Excédée par les infidélités de son époux, Aliénor soulève ses fils, Richard, Geoffroy et Henri le Jeune, contre leur père. Mais son plan échoue ; elle est emprisonnée et ne sera libérée qu’à la mort d’Henri II, 15 ans plus tard. Aliénor meurt à Poitiers, le 31 mars 1204, à 82 ans.

Anne de Bretagne, deux fois reine de France : un cas unique ! 

Née à Nantes en 1477, Anne est la fille aînée du duc de Bretagne, François II. Devenue duchesse de Bretagne à la mort de son père, elle est contrainte d’épouser Charles VIII en 1491. Le contrat de mariage stipule qu’en cas d'absence d'héritier mâle, elle devra épouser le successeur de Charles. Anne et Charles forment un couple harmonieux. De cette union naissent quatre enfants, tous morts en bas âge. Malheureusement Charles VIII meurt prématurément en 1498. Veuve, Anne épouse donc Louis XII en 1499, dont elle aura deux filles, Renée et Claude de France. Anne domine par sa beauté et son intelligence ce roi usé par une vie de débauche. C’est elle qui dirige véritablement le royaume avec le soutien du cardinal d’Ambroise. Le roi, parti à la conquête de l’Italie, enchaîne les défaites, obligeant les troupes françaises à évacuer le pays. Atteinte de la gravelle, Anne meurt à 37 ans, laissant le pays dans la débâcle.

 

Femme Anne de Bretagne

 

Anne d'Autriche, "Le plus grand de nos rois"

Née à Valladolid en 1601, fille aînée de Philippe III d’Espagne et de Marguerite d’Autriche, Anne épouse Louis XIII en 1615. Le roi ne l’aime guère et ses fausses couches successives n’arrangent rien. En 1635, le pays s’engage dans la guerre de Trente ans et déclare la guerre à l’Espagne, éloignant encore les deux époux. Après 23 ans de mariage, la reine donne naissance au futur Louis XIV en 1638, puis à Philippe 2 ans plus tard. A la mort de Louis XIII, elle fait casser son testament qui limitait ses pouvoirs et devient régente. Sous son règne, la France connaît de grandes victoires qui aboutissent notamment au traité de Westphalie rattachant l’Alsace à la France. Mais elle doit aussi faire face à la Fronde des parlementaires, puis à celle des princes. Habile politicienne et soutenue par son ministre Mazarin, elle conserve le pouvoir qu’elle gardera même après la majorité de son fils, en 1651. Elle se retire à la mort de Mazarin en 1661. Lorsqu’Anne meurt d’un cancer du sein en 1666, Louis XIV rend hommage à sa mère, la qualifiant “du plus grand de nos rois”.

 

Les intellectuelles

 

Olympe de Gouges, pionnière de la défense des droits des femmes.

 

Issue d'un milieu modeste, Olympe naît à Montauban en 1748. Elle se marie très jeune à un officier de bouche de la maison d'Alexis de Gourges, nom qu'elle s'attribuera en le déformant. Son mariage étant un échec, elle monte à Paris à 19 ans et devient la maîtresse d'un journaliste dramaturge qui lui ouvre les portes des salons littéraires. Femmes de lettres, Olympe de Gourges écrit des pièces de théâtre et des essais sur l'abolition de l'esclavage ou l'émancipation des femmes.

A l'approche de la révolution, elle acquiert une certaine notoriété en défendant ses idées sur l'égalité homme-femme. Mais la Constituante, puis la Législative, assemblées masculines, restent sourdes à son discours. En 1791, Olympe décide alors d'adresser à Marie-Antoinette sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Un texte féministe majeur, dans lequel elle écrit : "Une femme a le droit de monter sur l'échafaud, elle doit également avoir celui de monter à la tribune". Ironie du sort, c'est sur l'échafaud que cette pionnière du droit des femmes finira sa vie, en 1793.

   

 femme Marianne

 

Emilie du Châtelet, la Marquise des mathématiques

 

Gabrielle Emilie Le Tonnelier de Breteuil naît en 1706, à Paris. Son père décide de lui donner la même éducation qu'à ses frères. Ainsi, Emilie découvre les mathématiques et la physique qui deviennent une vraie passion. En 1725, elle épouse un militaire, Florent Claude, marquis du Châtelet. Son époux parti à la guerre, elle s'installe à Paris et prend des cours avec Alexis Claude Clairaut, mathématicien et physicien de renom. Elève brillante, elle l'aidera à traduire les travaux de Newton. Un an plus tard, elle rencontre Voltaire, c'est le coup de foudre. En 1738, Emilie tente le concours de l'Académie publie le texte d'une femme, lui donnant une place privilégiée au sein de la communaité scientifique. En 1775, elle entreprend la traduction des Philisophiae Naturalis Principia Mathematica de Newton. Elle y consacre cinq années avant de s'éteindre à seulement 43 ans. Emilie du Châtelet a été la première femme savante, à une époque où seuls les hommes avaient accès aux sciences.

 

Marie Curie, première femme ès Sciences

 

Née à Varsovie en 1867, Marie Sklodowska est une élève brillante. En Pologne, les femmes n'ont pas accès à l'université, elle part donc suivre ses études à la Sorbonne où elle obtient deux licences : ès sciences physiques et mathématiques. En 1894, elle rencontre Pierre Curie, qu'elle épouse un an plus tard. En 1896, elle est reçue première à l'agrégation de physique. En 1897, elle commence sa thèse sur l'étude des rayonnements de l'uranium, découverts par Henri Becquerel. En 1898, Pierre et Marie Curie découvrent le polonium puis le radium. En 1903, Marie, Pierre et Henri Becquerel reçoivent le prix Nobel de physique. C'est la première fois qu'une femme reçoit un prix Nobel. En 1906, Pierre meurt accidentellement. Elle le remplace à son poste de professeur à la Sorbonne, devenant ainsi la première femme à y enseigner. En 1911, elle reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur le polonium et le radium. Elle est la seule femme à avoir reçu deux prix Nobel. Marie Curie meurt d'une leucémie, en 1934, suite à une trop grande exposition aux éléments radioactifs.  

  

 

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Dernière mise à jour : ( 27-11-2008 )
 

 

Date de la dernière mise à jour du site : 15-02-2010

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