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Grâce à une recherche très active, les méthodes contraceptives ne cessent d'évoluer, permettant aujourd'hui à chacune d'accèder à une contraception adaptée à ses besoins. Cependant, le nombre d'IVG est stable en France et augmente même chez les jeunes et les mineures. Avenirs de femmes n°17/ 2008
Pour comprendre la contraception : le cycle menstruel Le cycle menstruel débute le 1er jour de vos rèbles et s'achève le 1er jour des règles suivantes, soit une durée moyenne de 28 jours, mais variable suivant les femmes (de 25 à 35 jours). Durant la première moitié du cycle, l'un des nombreux ovules stockés dans les ovaires se développe, il "mûrit" au sein d'un groupe de cellules, appelé follicule. Vers la moitié du cycle, l'ovule mature est expulsé de l'un des ovaires vers la trompe adjacente (c'est l'ovulation), pour rencontrer un spermatozoïde. S'il n'y a pas eu fécondation, le follicule dégénère, l'ovule meurt en quelques jours et tout revient au point de départ 14 jours après l'ovulation, pour un nouveau cycle qui démarre avec de nouvelles règles. Parallèlement, au cours du cycle, l'utérus se prépare sous l'influence de nos hormones sexuelles, estrogènes et progestérone : le liquide visqueux secrété par le col de l'utérus, la "glaire cervicale", devient, aux alentours de l'ovulation, plus fluide et plus favorable à la progression et à la survie des spermatozoides dans l'appareil génital féminin, l'endomètre - ou muqueuse de l'utérus - se développe pour accueillir le futur embryon. Les moyens contraceptifs peuvent agir sur ces différents éléments de la reproduction : en bloquant la maturation de l'ovule et l'ovulaton, en s'opposant à la rencontre entre ovule et spermatozoide, ou encore en empêchant l'implantation d'un oeuf fécondé dans l'utérus. Les méthodes d'abstinence périodique reposent sur cette connaissance du cycle. L'idée ne date pas d'hier, il suffirait en théorie d'éviter d'avoir des rapports sexuels lors des périodes estimées de fertilité du cycle pour éviter les grossesses ! Mais cette période est si variable selon les femmes et les cycles que, disons tout net, la méthode du calendrier notamment, la plus répandue, n'est absolument pas fiable. 
Les courbes de températures (les variations de notre température reflètent la fluctuation de sécrétions hormonales au cours du cycle) et l'observation de la consistance de la glaire cervicale sont plus crédibles, mais nécessitent une formation par votre gynécologue, ainsi qu'une grande rigueur et vous amèneront grosso modo à ne pas avoir de rapports pendant environ 15 jours par mois. Ces méthodes ne sont pas vraiment conciliables avec la spontanéité sexuelle, ce qui explique que beaucoup de couples sont amenés à prendre des risques, ce qui rend ces procédés faiblement efficaces. Ces méthodes ne sont en fait recommandées qu'aux couples stables pour lesquels aucune autre méthode n'est acceptable ou disponible, et qui peuvent accepter un risque relativement élevé de grossesse. Mais nous avons maintenant à notre disposition un large éventail de méthodes contraceptives. La pilule : contraception préférée des françaises La pilule - ou "contraception orale" - est la méthode contraceptive préférée des Françaises et en particulier des femmes jeunes. C'est une méthode très efficace, lorsqu'elle est correctement régulièrement utilisée. Selon une enquête récente rendue publique en juin 2007 par l'Institut National de Prévention et d'Education pour la Santé (INPES, "Contraception : que savent les Français ? "), 60% des femmes de 15 à 54 ans l'utilisent, et 80,8% parmi les 20-24 ans. Il existe différents types de pilules, qui varient selon leur composition hormonale, leur dosage et leur rythme d'administration. Elles sont composées d'hormones de synthèse : - un estrogène identique d'une pilule à l'autre, l'éthinylestradiol, et un progestatif, variable selon les pilules, pour la contraception estroprogestative ; - un progestatif seul pour les pilules progestatives. Les pilules estroprogestatives
L'apport d'un estrogène et d'un progestatif, en se substituant à nos hormones physiologiques, va créer un cycle artificiel. Elles bloquent l'ovulation, empêchent les modifications de la glaire cervicale nécessaires à la progression des spermatozoides vers la cavité utérine - et donc la fécondation de l'ovocyte -, et elles rendent la muqueuse de l'utérus impropre à l'implantation du futur embryon. Les différentes pilules estroprogestatives disponibles différent par : - le dosage plus ou moins élevé en éthinylestradiol (pilules normodosées ou minidosées) ; - le type de progestatif utilisé (progestatif de 1er, 2è ou 3ème génération) ; - la répartition des doses d'hormones dans le cycle : pilules monophasiques, biphasiques ou triphasiques. La combinaison de ces différentes possibilités fait que leur classification est assez compliquée. Actuellement, seules des pilules estroprogestatives "combinées" contenant l'association estrogène-progestatif sur toute la plaquette sont commercialisées en France. Les pilules estroprogestatives - en particulier les pilules les plus dosées en estrogène, peu utilisées de nos jours - peuvent entraîner un risque de thrombose (formation de caillots dans les vaisseaux). Ces dernières années ont apporté la consécration des pilules faiblement dosées en éthinylestradiol, qui réduisent ce risque. Il concerne surtout les femmes qui ont des risques cardiovasculaires - dont les fumeuses, en particulier à partir de 35 ans ! Le type de progestatif a également évolué pour minimiser les effets indésirables potentiels. Ainsi, les pilules récentes contiennent un progestatif de 3ème génération, tels que le gestodène, le plus utilisé, ou le désogestrel, ou encore de nouvelles molécules progestatives comme la drospirénone. Seules les pilules de 2ème génération et certaines pilules de 1ère génération sont remboursées, mais certaines pilules récentes de 3ème génération sont maintenant disponibles à des prix très réduits, ce qui les rend accessibles au plus grand nombre. Les pilules progestatives pures Il existe deux types de pilules progestatives ; les "normodosées" et les "microdosées", réservées en pratique aux femmes chez qui les estrogènes sont contre-indiqués ou mal tolérés. - Les pilules progestatives normodosées administrées 20-21 jours par mois bloquent l'ovulation quasiment de la même façon que les pilules estroprogestatives et sont aussi efficaces, même si les "macroprogestatifs", les plus utilisés en pratique courante, ne disposent normalement pas d'indication en contraception. - Les pilules progestatives microdosées contiennent un faible dosage de progestatif et sont prises en continu, sans arrêt entre les plaquettes. La plupart ne bloquent pas l'ovulation et agissent uniquement sur la glaire cervicale et la muqueuse de l'utérus. La plupart de ces "micropilules" exigent ainsi une grande régularité dans l'horaire de prise. Ces pilules entraînent souvent la disparition des règles. Les alternatives à la pilule D'autres méthodes de contraception hormonale peuvent être intéressantes, en particulier pour les femmes qui ont du mal à respecter la prise régulière et quotidienne de la pilule. Le patch Utile pour éviter les oublis, ce "timbre" hebdomadaire s'utilise à raison d'un chaque semaine, par séquences de 3 semaines séparées par une semaine sans patch. Il doit être posé le même jour chaque semaine, à un endroit différent et sur une zone sans pilosité (le bas du ventre, les fesses, la face intérieure du bras, par exemple). Il est conçu pour résister à l'eau, à la piscine, au sport ... Il n'est pas remboursé. Le patch est imprégné d'une association d'estrogène et de progestatif qui diffusent de façon continue à travers la peau ; il agit de la même manière que la pilule. L'anneau vaginal Il s'agit d'un anneau souple de 54 mm de diamètre, que la femme place elle-même au fond du vagin. Il n'est pas gênant lors des rapports sexuels. Selon le même principe, l'anneau vaginal est imprégné d'hormones qui diffusent de façon continue vers la muqueuse vaginale. Il est laissé en place, au fond du vagin, pendant des périodes de 3 semaines, entrecoupée d'une semaine sans anneau. L'anneau vaginal n'est pas remboursé. L'implant contraceptif A peine plus gros qu'une allumette, ce petit bâtonnet est introduit sous la peau, à la face interne du bras, par un médecin entraîné à sa technique de pose, à l'aide d'un applicateur jetable et après une petite anesthésie locale. Une fois en place, il va diffuser durant 3 ans une dose quotidienne contrôlée de progestatif, qui inhibe l'ovulation et épaissit la glaire cervicale, selon le même principe que la contraception progestative microdosée. Il s'agit d'une alternative efficace pour les femmes qui ont du mal à respecter la prise d'une contraception hormonale orale, mais à utiliser avec prudence car il entraîne fréquemment des perturbations du cycle ou des saignements. Il est remboursé à 65%. Si nécessaire, il peut être retiré en 3 à 4 minutes après une petite incision, sous anesthésie locale. Toutes les pilules ne sont pas remboursées, mais certaines pilules de dernière génération sont disponibles à des prix très réduits, ce qui les rend accessibles au plus grand nombre. Le stérilet : méthode la plus utilisée dans le mondeSelon l'Institut National des Etudes Démographiques (INED), le stérilet - ou "dispositif intra-utérin" (DIU) - est la méthode de contraception la plus plébiscitée dans le monde, avec 23% d'utilisatrices (si l'on exclut la stérilisation, méthode la plus répandue, avec 39%). C'est la 2ème méthode de contraception des Françaises (24% des femmes après 30 ans, selon l'étude de l'INPES de juin 2007). Il s'agit également d'un moyen de contraception très efficace, qui a l'avantage de ne pas poser de problème d'observance (pas de risque d'oubli). En France, il existe deux types de stérilets : les stérilets au cuivre et les stérilets libérant un progestatif. La pose, généralement indolore, dans la cavité de l'utérus se fait au cabinet du médecin, avec du matériel stérile et après désinfection rigoureuse du vagin et du col de l'utérus. Il était couramment admis que le stérilet empêchait l'implantation dans l'utérus de l'oeuf fécondé. Des recherches suggèrent qu'il serait capable d'empêcher la fécondation, en altérant l'ovule et les spermatozoides. Le stérilet diffusant un progestatif agit également comme les pilules microprogestatives, notamment en épaississant la glaire cervicale. La complication essentielle du stérilet est le risque d'infection de l'utérus et des trompes, faible sauf chez les femmes à haut risque d'IST (infections sexuellement transmissibles), en particulier celles qui ont des partenaires sexuels multiples.  Des moyens locaux L'intérêt principal des méthodes locales vaginales, très peu utilisées, est leur emploi "à la demande", ce qui évite de prendre une contraception permanente en cas de rapports peu fréquents. Leur efficacité est cependant moindre que celle de la pilule ou des DIU et, de plus, elles nécessitent une manipulation avant ou pendant le rapport sexuel, ce qui est souvent mal accepté, notamment chez les jeunes. Le diaphragme est un disque souple et fin en latex, qui recouvre le col de l'utérus et fait obstacle au passage des spermatozoides. Il doit avoir une taille adaptée, qui sera déterminée par un examen gynécologique, et nécessite un apprentissage avec l'aide du médecin pour arriver à le positionner correctement au fond du vagin. On l'utilise associé aux spermicides. Le diaphragme peut être mis en place jusqu'à 4 heures avant le rapport sexuel, et gardé en place jusqu'à 24 heures maximum, en cas de rapports successifs, à condition de remettre de la crème spermicide avant chaque pénétration. Il doit être savonné après usage et changé une fois par an. Les spermicides - en crème ou sous forme d'éponges pré-imprimées - utilisés seuls ont une efficacité insuffisante, et ne peuvent représenter qu'une contraception occasionnelle. L'écoulement abondant qui résulte de leur utilisation peut être évité par l'utilisation des éponges vaginales. Alors que la crème spermicide doit être ré-introduite avant chaque rapport, l'éponge peut rester en place durant 24 h sans autre manipulation, même en cas de rapports multiples. Le préservatif féminin est une gaine fine et souple, munie d'un anneau flexible qui le maintient en place au fond du vagin et d'un autre, externe, qui le maintient au niveau de la vulve. Il doit être renouvelé lors de chaque rapport. Et les hommes ? Eh bien non, la pilule masculine n'est toujours pas au point, et il n'existe à ce jour que deux méthodes efficaces côté "mâles" : le préservatif masculin et la vasectomie (méthode de stérilisation consistant à ligaturer les canaux déférents, de façon à empêcher l'émission de spermatozoïdes). Le retrait avant l'éjaculation est de moins en moins utilisé car il fait partie des méthodes anti-conceptionnelles les moins efficaces. Le préservatif présente le double avantage de pouvoir être utilisé "uniquement en cas de besoin" et de protéger contre les infections sexuellement transmissibles (les IST, encore appelées maladies sexuellement transmissibles ou "MST"), y compris le SIDA. C'est la seule méthode de protection contre la transmission de ces infections. On ne peut qu'en recommander l'usage en cas de rencontre occasionnelle, même si vous avez par ailleurs une autre méthode contraceptive. En effet, il est important de savoir que l'utilisation du préservatif comme méthode de contraception exclusive devrait atteindre la perfection (utilisation à chaque rapport sexuel, sans aucun oubli, en écartant tout risque de glissement ou de rupture) pour vous assurer une efficacité contraceptive optimale ; cet idéal est pratiquement impossible à atteindre en pratique courante. C'est pourquoi, vous l'avez compris, la pilule ET le préservatif ("double protection") sont indispensables pour que vous soyez efficacement protégée à la fois contre le risque de grossesse et celui d'IST. Ne comptez pas seulement sur vos partenaires, Mesdames, pour ne pas être au dépourvu ; vous pouvez vous-même acheter des préservatifs : prenez en de plusieurs tailles, et avec réservoir, afin de minimiser le risque de rupture. Sa mise en place, parfois vécue à tort comme un moment déplaisant, peut s'intégrer au jeu des caresses et de l'érotisme, surtout si elle est effectuée par les deux partenaires. 
En résumé Nous disposons maintenant d'une contraception à la carte, choisie par vous sur les conseils de votre médecin, qui l'adaptera au mieux à votre cas particulier, vous permettant une sexualité épanouie et vous mettant à l'abri d'une grossesse non désirée. La contraception moderne comporte beaucoup plus de bénéfices pour votre santé que de risques.
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