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Elles sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus actives, encore jeunes, mais elles arrivent aussi à un moment un peu particulier de leur vie : la "périménopause". L'étude ANGéLIQUA mise au point par le laboratoire Théramex a permis d'établir le portrait type de ces femmes de 40 ans et leur "profil gynécologique".
Avenirs de femmes n°11 / 2002
Les femmes de la quarantaine (40 - 49 ans) représentent maintenant la tranche d'âge la plus importante dans notre société (en 2000, 14 % de la population féminine), juste avant les 30-39 ans, futures "quarantenaires" des années 2010 -2020.
Nées dans les années 60, elles sont à une période charnière : la femme de 40 ans a connu les bouleversements post-68, elle est à un tournant de sa vie sociale, professionnelle, mais aussi de sa vie de femme, loin des grossesses mais pas encore à la ménopause ; sa jeunesse semble encore proche et la vieillesse encore loin…
La femme de 40 ans : une pionnière
Les femmes nées dans les années 60, ont été les pionnières de l'évolution féminine dans notre société moderne. La femme de quarante ans fait partie de la première génération à avoir eu accès à une véritable liberté individuelle, aussi bien sur le plan éducatif, affectif que professionnel. Elle est née à une époque où la condition féminine est en pleine évolution : droit d'exercer une activité professionnelle sans le consentement de l'époux (1965), accès à la contraception (1967), loi sur l'interruption volontaire de grossesse (1975)… La place de la femme dans la société s'est alors affirmée : elle fait de plus longues études, mène une carrière professionnelle et peut choisir sa maternité, la programmer, la réguler. Autant de libertés de choix auxquelles ne pouvait pas prétendre la génération précédente.
La femme de 40 ans s'est émancipée, elle a gagné son indépendance financière, au sein de la société et de la famille. Elle a trouvé sa place dans le monde du travail : la population active féminine est passée de 34 % en 1963 à 47,6 % en 1998.
Une "superwoman" ?
Face aux exigences de notre société, elle doit alors se transformer en une sorte de "superwoman" qui doit assumer à la fois ses fonctions de mère, d'épouse, d'amante, tout en assurant sa réussite professionnelle. Pour Michèle Lachowsky (gynécologue et psycho-somaticienne), « la femme de 40 ans a, dans notre société, quelque difficulté à conjuguer au présent ce temps de sa vie : elle est jeune pour sa mère et pour ses amies, elle n'est plus jeune pour son employeur, encore moins pour ses enfants, plus du tout jeune pour son entraîneur sportif, franchement âgée pour son accoucheur…». Et, malgré ces difficultés, « la société semble vouloir donner de la femme de 40 ans une image d'équilibre qui rassure leurs compagnons et leurs collègues ».
Avec l'augmentation de l'espérance de vie, une femme de 40 ans a la moitié de sa vie devant elle. Elle s'est épanouie à travers son activité professionnelle et sa vie familiale. Elle aborde une période de "l'entre-deux âges" où à la fois tout est fait et tout est à faire. La quarantaine est un cap plus psychologique que physiologique. Les modifications de son corps et de ses sensations, dues à l'approche de la ménopause, sont souvent le moteur d'une introspection chez la femme de cet âge. Elle est à l'aube d'une nouvelle vie, plus recentrée sur elle-même. Sa vie affective est stable, ses enfants ont grandi et vont bientôt quitter le domicile familial, une étape souvent difficile à traverser pour une mère.
Ces changements auront des conséquences aussi bien sur le plan professionnel qu'affectif. Il n'est donc pas étonnant de voir ces femmes actives se trouver déboussolées face aux bouleversements de la périménopause. Pour elles, est-ce le "début des difficultés"?
La quarantaine : marquée par la "périménopause"
La quarantaine est essentiellement marquée par des déséquilibres hormonaux, qui surviennent de façon progressive et annoncent l'arrivée de la ménopause. Cette évolution est souvent mal connue et peut être mal vécue, ou tout au moins être source d'interrogations.
Ces changements sont liés à une diminution progressive du fonctionnement de nos ovaires. Tout au long de notre vie dite "d'activité génitale", à chaque cycle menstruel, se développe un "follicule" au sein duquel se forme l'ovocyte qui sera libéré vers les trompes au moment de l'ovulation. Les cellules des follicules sécrètent les hormones sexuelles féminines, les estrogènes et la progestérone. Nous naissons avec un stock de follicules déterminé dans nos deux ovaires. Comme l'ensemble de nos organes, les ovaires et leurs follicules vieillissent. La ménopause survient lorsque notre stock de follicules est épuisé (les follicules ont spontanément dégénéré ou ont été "utilisés" au cours des cycles pour une ovulation) : les ovulations cessent, les sécrétions d'hormones se tarissent, les cycles et les règles disparaissent. Mais la ménopause ne survient pas de façon brutale ; il existe une période de quelques années pendant laquelle les ovaires fonctionnent moins bien, les taux d'hormones sont fluctuants, les cycles et les règles deviennent irréguliers. Les premiers symptômes annonciateurs de la ménopause peuvent alors apparaître : premières bouffées de chaleur, irritabilité, fatigue, insomnies, prise de poids… C'est cette période que l'on appelle périménopause. La "véritable" ménopause, qui arrive autour de 50 ans, ne sera confirmée qu'après 1 an d'arrêt complet des règles.
C'est aussi à cette période que nos risques cardiovasculaires commencent à augmenter (nos estrogènes, qui ont un effet favorable sur les taux de bon et mauvais cholestérol et sur la paroi des vaisseaux sanguins, nous protégeaient bien jusqu'à la périménopause), et les facteurs de risque classiques doivent être pris très au sérieux : pilule, tabagisme, hypertension artérielle, taux de lipides trop élevés, diabète, surpoids, sédentarité, hérédité.
L'identification par le médecin de la "périménopause" est donc une étape incontournable du suivi médical de la femme de 40 ans.
ANGÉLIQUA : mieux connaître la femme à la quarantaine
Devant l'importance que prend actuellement la femme de 40 ans, et le manque de données spécifiques du point de vue épidémiologique mais aussi médical, le laboratoire Théramex a mis en place, avec un comité multidisciplinaire d'experts, entre octobre 2000 et mars 2001, une grande enquête auprès de 1 700 gynécologues qui ont été chargés de recueillir les données concernant près de 6 000 femmes âgées de 40 à 49 ans. Cette étude - appelée "ANGÉLIQUA" (Approche Nationale Gynécologique de l'Evaluation de la Quarantaine) - a permis de dresser un portrait robot d'Angéliqua, la femme de la quarantaine consultant en gynécologie, et de préciser ses motifs de consultations.
Qui est Angéliqua ?
Selon les données de l'enquête, Angéliqua a en moyenne 44,5 ans, elle est mariée ou vit maritalement dans 79,7 % des cas.
Son niveau socioprofessionnel est, dans deux tiers des cas, égal ou supérieur au baccalauréat. Elle a eu en moyenne 2,3 grossesses pour 1,9 enfants, et a eu sa première grossesse en moyenne à l'âge de 29,4 ans.
Si la ménopause survient généralement plus tard, à la cinquantaine, 11 % sont déjà ménopausées (depuis 2 ans en moyenne), certaines "artificiellement".
Quels sont les motifs de consultation d'Angéliqua ?
L'enquête a montré que le motif essentiel de consultation d'Angéliqua était le suivi gynécologique et le dépistage (57 % des consultations), en particulier avec la réalisation de frottis pour le dépistage du cancer du col et les examens des seins.
Autre raison importante de consulter, la contraception reste au centre des préoccupations de la femme de cet âge : un tiers des femmes de 40 ans consulte pour un renouvellement ou des problèmes d'intolérance liés à la contraception.
Viennent ensuite les problèmes gynécologiques, comme des saignements (12,1 %), des troubles du cycle menstruel (9,7 %), des douleurs pelviennes (7,5 %).
Quels médicaments prend-elle ?
Lors des consultations de l'enquête ANGÉLIQUA, les progestatifs ont été les traitements les plus prescrits (28 %), viennent ensuite les contraceptifs (18 %) ; et 26 % n'ont reçu aucun traitement. Mais on note aussi une augmentation de la consommation d'antalgiques, d'anxiolytiques et d'antidépresseurs.
La contraception est donc encore présente, même si l'index de fécondité décroît rapidement à partir de 40 ans pour devenir presque nul après 45 ans. Elle reste en effet indispensable car des ovulations, même si elles sont rares et aléatoires, peuvent encore survenir. Le choix de la méthode contraceptive, dans cette période de périménopause, dépend du désir de la femme et de ses antécédents gynécologiques. A cet âge, les méthodes recommandées sont, plutôt que la pilule "classique", le stérilet, le diaphragme (qui a une meilleure efficacité après 40 ans), le préservatif, ou l'auto-observation (difficile en raison de l'irrégularité menstruelle), mais aussi certains traitements hormonaux bien adaptés peuvent vous être proposés, surtout si vous commencez à vous plaindre des premiers troubles de la périménopause. En fait, l'enquête a montré qu'Angéliqua a surtout recours au stérilet (32 %), avant la contraception hormonale (28 %) et peu utilisent des moyens de contraception locaux (5 %) ; 28 % n'utilisent aucun moyen de contraception. |