Chaque femme la vit à son rythme, l'accepte plus ou moins bien ou l'assume complètement, selon son tempérament, sa culture, son éducation... Et de ce poids socio-culturel va dépendre l'image qu'elle a d'elle-même, son envie de continuer à séduire, de garder une vie sexuelle épanouie. A trop négativer la ménopause, certaines finissent par se résigner… Il est donc temps d'en parler et d'en finir avec les idées reçues.
La place des femmes ménopausées dans la société - et le regard que portent sur elles les hommes - varie énormément d'une culture à l'autre. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? Une approche culturelle
Diabolisée ou libérée ?
Cela n'est pas si loin de nous, l'Irlande rurale des années soixante pensait encore que la ménopause rendait folle et les femmes en avaient très peur.
A l'inverse, chez les Indiens Mohaves en Amérique du Nord, la vie sexuelle des femmes ne s'arrête pas à la ménopause: "Dans les temps anciens, la femme gardait sa puissance sexuelle jusqu'à la mort." Une femme d'âge moyen trouve au contraire facilement à se marier avec un homme jeune, souvent divorcé de sa jeune femme légère et peu encline à l'entretien du ménage. Pendant et après la ménopause, la femme Mohave reste au cœur de la vie, du travail, sa maison pleine de petits-enfants, forte de la sagesse de l'expérience… mais aussi entourée d'un jeune mari ou d'un amant, prompte à la répartie et en aucun cas gênée de flirter avec un homme assez jeune pour être son petit-fils.
Pour les Indiens Mayas, la ménopause représente une étape de la vie, libérée des tabous et des restrictions. Les femmes se disent soulagées de ne plus avoir de règles, de ne plus risquer de tacher leurs vêtements blancs et connaissent une meilleure sexualité avec leur mari, le risque de grossesse ayant disparu. En général, la ménopause est bien perçue et les femmes y associent jeunesse et liberté. La majorité déclare d'ailleurs se sentir aussi jeune qu'une fille de 16 ans !
Dans notre société, à la cour de France des XVIIe et xviiie siècles, le statut de la femme ménopausée s'inscrit dans une situation favorable pour la femme, rarement atteinte dans l'histoire. Ainsi, en 1671, Ninon de Lenclos, alors âgée de 51 ans, eut-elle une liaison avec le fils de Madame de Sévigné, âgé de 23 ans. Quant à Madame de Maintenon, alors âgée de 50 ans, elle épousa secrètement Louis XIV qui en avait 46.
L'après Révolution : dévalorisée
Mais, après la Révolution, les vieilles dames n'apparurent plus en société. La place sociale des femmes ménopausées dans les classes dominantes subit alors une forte détérioration dans la société bourgeoise. C'est ainsi que, dans sa thèse, "De la ménopause (âge critque)", publiéee en 1851, le Dr Baron écrit que si la paysanne traverse sa ménopause sans encombre, " La femme habituée au contraire à une vie oisive et sensuelle ne voit s'éloigner qu'avec peine, et même avec une sorte d'effroi, les attraits fragiles sur lesquels elle avait toujours compté pour plaire. Que de regrets du passé ! Que de privations pour l'avenir ! Le besoin de nouveaux plaisirs se fait sentir, le choix en varie avec l'éducation ; c'est assez souvent à l'ivrognerie que s'adonnent les femmes de la classe inférieure ; c'est au jeu et aux spectacles que d'autres vont chercher des émotions ; il en est qui choisissent l'étude, ou trouvent une ressource dans la dévotion."
Cette conception de la femme ménopausée réactualise un ancien interdit de l'église, car la morale chrétienne s'est longuement interrogée sur la légitimité des rapports sexuels en cas de stérilité reconnue ou après l'âge de la ménopause.
On retrouve l'écho de ces stéréotypes chez Simone de Beauvoir, qui les décrit pour mieux les dénoncer: "La femme est brusquement dépouillée de sa féminité : c'est encore jeune qu'elle perd l'attrait érotique et la fécondité d'où elle tirait, aux yeux de la société et à ses propres yeux, la justification de son existence et ses chances de bonheur" ("Le deuxième sexe", 1949).
Moi et les autres
Si le poids de ces croyances et tabous persiste encore aujourd'hui, la perception de la ménopause est encore complexe, allant de l'optimisme à la résignation.
Ainsi, une enquête menée en France en 1996 auprès de 1 700femmes âgées de 45 à 65 ans révèle une grande différence entre ces stéréotypes et leur vécu au quotidien (*). Une grande majorité, 71 % des femmes interrogées, attachent de l'importance à la séduction et à leur apparence physique, et, note optimiste, 73 % pensent qu'elles sont ou seront aussi séduisantes à la ménopause qu'avant, alors que seulement 23 % pensent que la ménopause affecte leur pouvoir de séduction.
Les choses ne sont pas aussi simples car, globalement, 44 % d'entre elles perçoivent la ménopause comme quelque chose de plutôt négatif. Mais à la question, "et pour vous en particulier ?", elles ne sont alors 15 % à le penser. En d'autres termes : pour moi tout va bien, mais la voisine… Qu'est-ce qui l'attend !
Ce que vit la femme au quotidien semble finalement positif, si l'on se réfère aux idées reçues que la ménopause continue de véhiculer.
Féminine, mais plus une gamine
Bérangère, 57 ans, a attendu que son fils ait quitté la maison pour se séparer de son mari. Elle est ravie de mener enfin sa vie à sa guise. Elle a créé une société de conseil juridique. La séduction ? La sexualité ? " Je peux vous dire que la ménopause, ça ne change rien de ce côté-là. A mon avis, vous avez deux catégories de femmes : celles qui s'accrochent éperdument à leurs vingt ans et qui s'habillent en minettes, c'est horrible !… Elles me font frémir. Et, au contraire, celles qui se laissent complètement aller et qui prennent vingt kilos. Il y a un équilibre à trouver. Garder une féminité, sans toutefois se déguiser en gamine, avec une minijupe. S'habiller selon son âge… mais sans baisser les bras ! Avec recherche et élégance ". Pour Bérangère, on a le droit de rester un être sexué et séduisant après la ménopause, ce qui lui permet d'accepter son âge. Pour elle, la ménopause correspond à une phase d'épanouissement professionnel, sexuel et amoureux.
Qui a dit "moins féminine" ?
D'après des études publiées dans les années 90, 97 % des Danoises, trois quarts des Canadiennes et des Japonaises ne se sentent pas moins féminines du fait de l'infertilité.
Le désir après la ménopause est lié à la sexualité avant la ménopause
Au Danemark, la majorité des femmes ne ressentent pas de diminution de leur santé, de leur jeunesse, de leur sexualité avec la ménopause. Le désir sexuel reste inchangé chez 72 % des femmes qui avaient plus de deux rapports par semaine, 53 % de celles qui avaient 1 à 3 rapports par mois, 61 % de celles qui avaient moins d'un rapport par mois. |
En parler ou pas ?
Agnès, 54 ans, professeur d'art dramatique, est ménopausée depuis 3 ans. Grande, blonde et belle, elle ne passe pas inaperçue et mène une double vie. Un mari, des enfants et petits-enfants qu'elle adore, mais également un besoin d'aventures, d'être aussi ailleurs. C'est ce qu'elle appelle son côté insaisissable. A la ménopause, elle a traversé une période de doute : " J'ai pensé un certain temps que je ne voulais plus faire l'amour. Je me suis dit que je n'étais plus le beau cadeau d'antan. J'étais sage, sans séduction, sans désir. Et puis, tout doucement, c'est revenu. J'ai un amant depuis six mois. Je ne lui ai pas dit que j'étais ménopausée. Il le sait sûrement, il sait que j'ai une fille de 26 ans. J'hésite quand même à lui dire, mais j'aimerais être authentique. " Pour Agnès, il est plus facile, dans une relation de séduction, de faire comme si la ménopause n'existait pas, mais elle a alors l'impression désagréable de dissimuler quelque chose d'important. Elle a choisi un compromis : il sait, elle sait qu'il sait. On en reste à cet accord tacite qui consiste à ne pas aborder le sujet. Derrière ce jeu subtil, se cachent la crainte d'être rejetée, mais aussi le désir d'être acceptée telle qu'elle est.
| Faut-il vraiment revendiquer haut et fort sa ménopause, comme les "Red Hot Mammas" américaines ? |
Claudette 52 ans, femme au foyer, épouse d'un riche entrepreneur de la Côte d'Azur, craignait un regard des hommes plutôt négatif. Elle est belle et élégante. "Je n'avais plus mes règles depuis 6mois. J'ai eu une conversation avec un ami qui me disait que j'étais une jolie grand-mère. Je pensais qu'il faisait référence au petit-fils que j'avais. Je lui ai dit que j'étais une vraie grand-mère, ménopausée ! Il m'a dit que cela ne changeait rien ! J'ai voulu le choquer, en vain." Mais Claudette n'a pas supporté de ne plus avoir de règles: "c'est comme si on m'enlevait quelque chose". Elle a donc souhaité rapidement prendre un traitement qui lui redonne des règles "artificielles". Claudette, dans une relation amicale, plus confiante, a pris le risque de parler de sa ménopause. Elle tenait à connaître la réaction de son ami, qui s'est révélée beaucoup moins négative qu'elle ne craignait. Elle pensait être rejetée, mais cela n'a pas été le cas.
De leur côté, les féministes américaines affichent la couleur, comme ce groupe de "self-help" (groupe d'entraide) qui s'est intitulé les Red Hot Mamas ! (les mamas rouges et chaudes, jeu de mots sur le terme anglais qui désigne les bouffées de chaleur : hot flushes).
Pourquoi un traitement ?
L'enquête que nous avons réalisée (*) révèle également que les femmes prennent un traitement d'abord pour des raisons de santé, puis pour préserver leur apparence esthétique. Comme dit Françoise, 53ans, "cela permet de mieux franchir le cap, de ne pas être rangée du côté des vieilles dames ". En d'autres termes le traitement, efficace sur les signes gênants de la ménopause comme les bouffées de chaleur, la sécheresse vaginale…, les aide aussi à ne pas changer de statut social. |
Adieu tabous
Finalement, aujourd'hui, la ménopause n'est plus l'objet d'un tabou aussi fort que jusque dans les années 1960. La plupart des femmes que nous avons interrogées n'ont pas parlé de la ménopause avec leur mère. Eliane, 55 ans se souvient. Elle était adolescente et sa mère avait des conversations à voix basse sur le retour d'âge avec ses amies, conversation vite interrompue par l'entrée de la fille dans la pièce. Aujourd'hui, la fille d'Eliane lui conseille de prendre un traitement hormonal et elles en parlent assez simplement. Au-delà de ses effets sur la santé, le traitement hormonal a eu des effets sur la façon dont la société considère la ménopause : c'est bien parce qu'il y a un traitement que l'on parle tant de la ménopause, dans les revues, à la télévision, entre amies. Le traitement hormonal a largement contribué, avec l'évolution des mœurs, à briser le tabou de la ménopause. Et en redonnant à la femme ménopausée une meilleure qualité de vie, il la rend plus épanouie… et sans doute plus séduisante.
Quelle femme ménopausée êtes-vous ? (ou quelle future femme ménopausée êtes-vous ?)
Sur le plan pratique, l'arrêt des règles vous paraît… Insatisfaisant 0 Indifférent 1 Satisfaisant 2
Sur le plan de la féminité, l'arrêt des règles vous araît… Insatisfaisant 0 Indifférent 1 Satisfaisant 2
Ne plus pouvoir faire d'enfant est pour vous… Insatisfaisant 0 Indifférent 1 Satisfaisant 2
Pensez-vous que la ménopause s'accompagne de problèmes de santé… Importants 0 Peu importants 1 Sans aucune importance 2
Pensez-vous que votre beauté physique après la ménopause est… Diminuée 0 Inchangée 1 Augmentée 2
Pensez-vous que la séduction ou l'importance de la femme après la ménopause est… Diminuée 0 Inchangée 1 Augmentée 2
Résultats • Vous avez de 0 à 3 : La ménopause vous fait peur ! Les règles sont pour vous un signe évident de féminité et vous y êtes très attachée ! Avec la ménopause, vous craignez aussi de perdre votre séduction, et, même si vous pensez qu'il est vraiment trop tard pour faire un enfant, il reste malgré tout un petit regret… Finalement, vous avez peur de passer pour une vieille dame. Vous faites donc partie de celles sur qui pèsent encore les vieux tabous et stéréotypes de la ménopause. Libérez-vous de ces vielles croyances ! Mais la ménopause, c'est aussi pour vous synonyme de troubles et de problèmes de santé, vous avez raison. Vous rechercherez volontiers dans le traitement hormonal de la ménopause une solution à tous ces problèmes.
• Vous avez de 4 à 7 : La ménopause ne vous fait ni chaud ni froid ! L'arrêt de vos règles vous indiffère et vous ne vous définissez plus par rapport à votre pouvoir - ou non - d'être mère. Vous occuper de votre famille vous suffit amplement ! Vous faites attention à votre santé, mais sans plus. Le fait de passer le cap de la ménopause ne changera pas grand-chose à votre apparence, à votre pouvoir de séduction et à votre statut social. Si le traitement hormonal vous intéresse, c'est à la fois pour des raisons de confort et pour préserver votre capital santé.
• Vous avez de 8 à 12 : La ménopause vous arrange ! ça y est, vous êtes enfin débarrassée des règles qui vous empoisonnaient la vie et les risques de grossesse non désirée sont loin. Les problèmes de santé vous préoccupent finalement assez peu et votre apparence physique n'est plus vraiment au premier plan de vos préoccupations. Vous avez maintenant d'autres centres d'intérêt, vous avez enfin du temps pour vous, pour vos loisirs, peut-être pour votre carrière. Mais vous êtes parmi les moins soucieuses de prendre un traitement ! |