Déséquilibre émotionnel vitamines B9 et Oméga 3
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| Date de publication 06-02-2007 |
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L'humeur est la résultante d'une multitude de facteurs et d'interactions. Jusqu'ici, les facteurs propres à l'individu (endogènes) : constitutionnels, génétiques… et liés à son histoire, ainsi que les facteurs extérieurs ou d'environnement (exogènes) : agressions, surmenage, conflits… résumaient nos concepts. Aujourd'hui, il apparaît de plus en plus évident que des facteurs nutritionnels peuvent non seulement moduler notre fragilité ou nos réponses aux agressions, mais peuvent aussi être des éléments importants de ce que l'on appelle le "terrain".
On sait très largement aujourd'hui que de nombreux nutriments ont des effets psychotropes, qu'il s'agisse du sucre, des aliments gras, de certains peptides, générant des effets apaisants ou sédatifs. Ils agissent notamment sur la synthèse de neuromédiateurs (sérotonine, …) et sur des systèmes où des molécules interagissent avec des récepteurs (endorphines, cannabinoïdes…). Ceci peut expliquer certains comportements alimentaires en cas de stress, surtout s'il existe une privation sous-jacente.
Mais la nutrition peut aussi intervenir comme facteur impliqué dans la genèse de troubles neuropsychiques. Il est connu de longue date que certaines carences profondes en nutriments essentiels peuvent conduire à des troubles psychiatriques (vitamine B3 et pellagre…). On sait également que des carences sévères en vitamine B9 (acide folique (comme "folie")) peuvent donner des tableaux de pseudo-démence chez les sujets âgés. Mais plus récemment, il a été montré à travers des études épidémiologiques qu'un moins bon statut en folates (acide folique) est souvent observé chez les sujets émotionnellement fragiles.
De même, l'on sait que la vitamine B9, en agissant comme donneur de méthyl augmente la synthèse de la sérotonine neuromédiateur de l'humeur. Une supplémentation en acide folique peut améliorer d'ailleurs les troubles de l'humeur ainsi observés.
En ce qui concerne les acides gras polyinsaturés oméga 3 à très longue chaîne (EPA et DHA), les données sont très nombreuses. Plusieurs études épidémiologiques ont bien démontré la relation inverse entre les apports en oméga 3 et les troubles de l'humeur. De même, le statut en oméga 3 mesuré par la composition en acides gras des liquides biologiques, des tissus et des membranes cellulaires est moins bon chez les sujets émotionnellement fragiles. Il n'est pas formellement démontré que ceci est primitif (cela peut être la conséquence de l'état psychique). Cependant, on sait que les acides gras oméga 3 s'incorporent dans toutes nos membranes et particulièrement dans celles des cellules nerveuses et cérébrales; là ils modulent la libération de neurotransmetteurs en modifiant la fluidité membranaire et ils exercent des effets anti-inflammatoires. De nombreuses enquêtes alimentaires ont montré que les apports en vitamine B9, d'une part et en acides gras oméga 3 étaient insuffisants dans de nombreuses catégories de population en France. Dans ce contexte, il peut être utile d'améliorer l'état nutritionnel de sujets fragiles psychiquement et se nourrissant mal, non pas dans le but d'obtenir un effet pharmacologique mais afin d'exercer un effet favorable sur une condition nécessaire au maintien d'un bon équilibre émotionnel. De ce point de vue, les femmes jeunes surmenées, "stressées", ayant une alimentation défectueuse, sont particulièrement exposées et peuvent être concernées par une telle approche de supplémentation nutritionnelle préventive.
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