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Des boutons à tout âge : Pourquoi certaines femmes ont-elles de l'acné ?

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Écrit par Isabelle Ampart (journaliste), en collaboration avec Dr Pierre-Patrice Cabotin (Dermatologue, Paris)

dermatologie, bouton, acne, femmeOn la connaissait fréquente chez les adolescents, mais ce que l'on sait moins, c'est que l'acné concerne aussi plus d'un tiers des femmes à l'âge adulte. D'où viennent ces vilains boutons qui empoisonnent la vie ?

Avenirs de femmes n°14 / 2004

L'acné est une maladie très fréquente dont les formes, multiples et plus ou moins disgracieuses, sont parfois sévères. Elle concerne près de 80 % des adolescents, mais plusieurs études épidémiologiques révèlent qu'une femme sur trois, âgée de 25 à 40 ans, est aussi affectée par cette pathologie cutanée.

Qu'est-ce que l'acné ?


L'acné est une maladie de la glande sébacée qui peut prendre différentes formes et dont l'évolution suit différents stades.
Situées au niveau des pores de la peau, les glandes sébacées sont chargées de secréter du sébum qui s'écoule par leur orifice, graisse le visage et constitue un film protecteur contre les agressions extérieures.
En cas d'acné, la glande sébacée se bouche et le sébum, "coincé" à l'intérieur, forme un petit bouton dur, un peu blanc, appelé microkyste. On observe alors de petites granulosités à la surface du visage. Ces microkystes peuvent ensuite s'ouvrir à la surface de la peau, le grain de sébum réapparaît, s'oxyde au contact de l'air et noircit ; on le nomme comédon ou, plus communément, "point noir". Sur certaines zones du visage, la peau est plus épaisse et les pores s'ouvrent plus facilement ; c'est la raison pour laquelle on observe davantage de comédons sur le nez que sur d'autres zones du visage. Microkystes et comédons sont des lésions qualifiées d'acné "rétentionnelle". Mais leur paroi peut aussi se fissurer et s'enflammer, formant un gros bouton rouge caractéristique, appelé "papule". L'inflammation provoque ensuite une liquéfaction du sébum et le bouton rouge arbore une petite pointe blanche ; à ce stade, le bouton est qualifié de "pustule". Ces lésions constituent l'acné "inflammatoire".

Certaines personnes sont plus à risque


Nous ne sommes, hélas, pas tous égaux face à l'acné puisqu'il existe une prédisposition génétique. En effet, chez certaines personnes, les pores cutanés ont tendance à se boucher plus facilement.
Mais la sécrétion de sébum, appelée "séborrhée", joue également un rôle primordial dans l'apparition de l'acné. Aussi, chez certaines personnes ayant une faible séborrhée, le sébum pourra s'écouler normalement, même si les orifices de leurs pores sont rétrécis. Cependant, en cas de séborrhée plus importante, le sébum aura tendance à se coincer dans les pores de la peau et à provoquer des boutons.
C'est en partie pour cette raison que l'acné s'observe souvent à l'adolescence. Alors que les enfants ont une faible séborrhée, en période de puberté, la brusque augmentation de la sécrétion de sébum met à l'épreuve les pores de la peau, encore très fins et peu habitués à ces mécanismes, qui se bouchent donc facilement.
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En règle générale, l'acné ne laisse aucune cicatrice. Cependant, certaines formes inflammatoires, présentant de gros boutons rouges pustuleux, peuvent laisser des marques disgracieuses prenant la forme d'un petit cratère, souvent accentuées par la manipulation.

Gratter et presser les boutons jusqu'au sang "déchire" la lésion acnéique et entraîne des cicatrices plus importantes sous forme de petites rétractions avec de petits trous ou petits creux qui restent définitifs.

Mieux vaut donc les éviter pour ne pas avoir recours à des techniques coûteuses de réparation comme le laser et les injections de comblement.

Quel est le rôle des hormones ?


La sécrétion de sébum est sous dépendance hormonale. Ce sont notamment les androgènes (hormones mâles) qui la stimulent. Aussi, un petit déséquilibre hormonal, même discret, comme un petit excès d'androgènes ou de progestérone peut provoquer l'apparition de l'acné. La plupart du temps, les taux d'androgènes sont normaux, mais il existe une hypersensibilité de la glande sébacée aux androgènes qui entraîne un excès de sébum.
Chez la femme adulte, l'acné, le plus souvent "tardive" et "discrète", est surtout hormono-dépendante. En effet, le pic hormonal qui a lieu juste avant les règles déclenche une augmentation de la séborrhée, donc une poussée de boutons qui dure quelques jours pendant les règles, puis stagne et recommence le mois suivant. Dans ce cas, l'acné commence souvent tardivement, vers l'âge de 20 ans. Elle est généralement discrète, poussées rythmées par le cycle. En cas d'acné importante ou sévère, cette variation en fonction du cycle ne s'observe pas. Les lésions sont souvent localisées au menton, au bas du visage, sous forme de papules inflammatoires douloureuses, et de microkystes.
La maladie cesse le plus souvent vers 30-35 ans, et, de toutes façons (sauf quelques rares cas), chez les femmes ménopausées chez lesquelles il y a une diminution de production des hormones sexuelles.

Quels traitements contre l'acné ?

Les hormones

La pilule contraceptive en général peut avoir un effet bénéfique sur l'acné, du moins pour les progestatifs de troisième génération.
L'arrêt de ces pilules est souvent suivi d'une récidive, au bout de 3 à 4 mois, même quand l'acné semblait éteinte depuis plusieurs années.
L'efficacité des associations estroprogestatives contenant de l'acétate de cyprotérone est liée aux propriétés antiandrogéniques spécifiques de ce progestatif, qui a donc une indication dans l'acné.

Les traitements locaux

Les traitements locaux varient en fonction du type d'acné.
Ils prennent souvent la forme de crèmes hydratantes aux acides de fruits (AHA), qui permettent une exfoliation quotidienne et aident à ouvrir les pores de la peau. Appliquées matin et/ou soir, ces crèmes doivent être accompagnées d'une toilette du visage au savon doux.

Les antibiotiques


Des cures d'antibiotiques à faible dose, en particulier une certaine classe d'antibiotiques appelée cyclines, ont une action anti-inflammatoire très efficace contre l'acné. Ce type de traitement n'est cependant recommandé qu'en hiver car il peut être "photosensibilisant", c'est-à-dire qu'il peut entraîner des réactions cutanées sous l'influence du soleil.

La vitamine A

Lorsque les traitements usuels n'ont donné aucun résultat, les dermatologues prescrivent des médicaments plus agressifs et au long cours, ce sont des dérivés de la vitamine A, dont les effets prolongés permettent souvent de venir à bout des acnés les plus sévères. Ils doivent impérativement être associés à une contraception efficace chez les femmes encore en âge d'avoir des enfants.

Cosmétique et acné : les bons réflexes


• Pour la toilette, il est préférable d'utiliser des pains nettoyants ou des gels doux sans savon ; les savons, agressifs, irritent la peau et augmentent la séborrhée. La même démarche est applicable aux démaquillants.

• Quels que soient les cosmétiques utilisés, ils doivent impérativement être identifiés comme "non comédogènes", c'est-à-dire qu'ils ont été testés pour ne pas boucher les pores de la peau et aggraver la formation de comédons.

• Pour le maquillage, les femmes ont souvent tendance à abuser du fond de teint pour masquer leurs boutons. Mieux vaut cependant limiter son utilisation ou lui préférer des crèmes teintées non comédogènes, afin d'éviter d'obstruer les pores de la peau. Il est aussi souhaitable de laisser respirer la peau le plus régulièrement possible.

• Avec parcimonie, les gommages et les masques permettent d'améliorer l'aspect général des peaux acnéiques un peu grossières et rugueuses. Utilisés trop souvent, ils agressent la peau, surtout s'ils sont associés à un traitement déjà irritant.

PEAU GRASSE, PEAU SECHE ET SEBORRHEE

Le visage est la partie du corps la plus "grasse" de l'organisme. Ceci n'est pas étonnant, car la séborrhée a une fonction de protection et le visage est la zone la plus exposée (le reste du corps étant protégé par les vêtements). Le visage fabrique donc naturellement plus de sébum.
Mais la séborrhée n'est pas uniformément répartie sur le visage ; elle devient plus abondante sur les zones très exposées que sont le front, le nez et le menton. Au niveau de ces zones, communément appelées "zone T" ou "zone séborrhéique", les glandes sébacées sont plus abondantes ; ce sont donc des zones privilégiées pour boutons et comédons. Bien entendu, cette zone n'existe pas en cas de peau très grasse ; les boutons sont alors répartis sur tout le visage.

Gare aux confusions
On parle de "peau grasse" devant une séborrhée importante. Ce type de peau est plus à risque de développer une acné que les peaux moins grasses. Mais il est aussi tout à fait possible d'avoir à la fois la peau sèche et grasse: la sécheresse de la peau est due à une déshydratation, c'est-à-dire un manque d'eau ; une peau déshydratée, qui offre un aspect sec, terne et un peu fripé, aura parfois tendance à sécréter plus de sébum pour pouvoir se protéger et se graisser. Mieux vaut donc parler de peau grasse ou non grasse, et de peau sèche ou bien hydratée. Une notion qui permet de briser une coutume aberrante qui consiste à ne pas mettre de crème sur son visage, par peur des boutons.
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Ne pas subir l'acné


Finalement, même fréquente chez la femme adulte, l'acné n'est pas une fatalité. Votre dermatologue saura vous prescrire un traitement efficace qui, associé à une bonne hygiène locale, permettra d'en limiter les désagréments.
IDEES RECUES SUR L'ACNE

Chocolat et charcuterie favorisent l'acné
FAUX - L'absorption alimentaire unique d'un aliment, quel qu'il soit, ne peut pas déclencher une poussée d'acné. Cependant, une alimentation très déséquilibrée et très grasse peut l'accentuer.

La cigarette aggrave l'acné
VRAI - Il est clairement démontré que la cigarette accentue l'acné et surtout sa gravité. Les formes d'acnés graves (acné nodulokystique) sont directement liées à la consommation de tabac.

Plus on stresse, plus on a de boutons
VRAI - Le stress favorise indirectement l'acné en augmentant la séborrhée. En effet, au sein de l'organisme, la séborrhée constitue une protection ; aussi lorsque l'organisme se sent agressé, comme c'est le cas lorsque nous sommes stressés, il se défend en sécrétant davantage de sébum.

Le soleil améliore l'acné
VRAI et FAUX - Au moment de l'exposition, l'action anti-inflammatoire du soleil est plutôt curative et permet de sécher les boutons. Cependant, comme la peau s'épaissit au soleil de façon naturelle pour se protéger, ses pores auront ensuite tendance à se boucher plus facilement, avec le risque d'une poussée d'acné après l'exposition.

Les traitements hormonaux sont mauvais pour l'acné
VRAI et FAUX - Il est vrai que certains traitements hormonaux, certaines pilules ou traitements contre la stérilité aggravent l'acné. En revanche, d'autres traitements estroprogestatifs, au contraire, en régularisant le cycle hormonal, guérissent l'acné ; c'est le cas de ceux qui ont un effet anti-androgène (qui s'opposent à l'effet des androgènes). C'est aussi la raison pour laquelle l'arrêt de la pilule provoque parfois une recrudescence d'acné.

La grossesse aggrave l'acné
VRAI - Pendant la grossesse, sous l'effet de la progestérone (hormone de la grossesse), les femmes ont généralement plus d'acné. Après l'accouchement, le retour progressif à la situation antérieure à la grossesse, signe souvent une amélioration. Mais cela ne veut pas dire pour autant que l'acné est guérie.

 

 

 

 

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