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Examen de choix en gynécologie, l'hystéroscopie dite "diagnostique" permet, grâce à un tube très fin, de visualiser la cavité utérine. Elle se déroule au cabinet sans anesthésie et dure quelques minutes.
Avenirs de femmes n°11 / 2002
L'hystéroscopie est une technique qui consiste à introduire un système optique extrêmement fin dans l'utérus en passant par le col, un peu comme lors de la pose d'un stérilet, afin de visualiser directement l'intérieur de la cavité.
L'hystéroscope, tube rigide ou souple qui mesure seulement quelques millimètres de diamètre (2 à 4 mm suivant le type de tube), contient donc un matériel optique, une source de lumière, des instruments de prélèvement miniaturisés.
Tout comme les gastroentérologues observent maintenant, à l'aide de caméras, l'intérieur de l'œsophage, de l'estomac ou de l'intestin, tout comme les urologues observent l'intérieur de la vessie, tout comme de nombreux spécialistes qui abandonnent de plus en plus le recours à de simples radiographies, les gynécologues peuvent également pénétrer à l'aide de fins appareils soit dans l'abdomen (c'est la cœlioscopie, qui se pratique sous anesthésie générale), soit dans l'utérus, et c'est l'hystéroscopie.
Ce dernier examen a connu un véritable développement à partir de 1980 sous l'impulsion de Jacques Hamou et cela grâce à l'apparition d'instruments optiques miniaturisés et performants, car l'utérus est un organe de petite taille dont l'accès est a priori délicat compte tenu de la nécessité de franchir le col sans provoquer de douleur.
Dans quelles situations est-elle utile ?
L'hystéroscopie est particulièrement indiquée pour élucider de nombreux problèmes gynécologiques. L'indication la plus fréquente est le diagnostic des saignements anormaux (ou métrorragies), voire des règles trop abondantes que l'on appelle ménorragies.
Chez les femmes jeunes, il s'agit surtout des métrorragies. L'examen peut aussi montrer la présence d'un fibrome, de polypes, ou parfois d'un épaississement anormal de la muqueuse utérine pouvant former ce que l'on appelle une hyperplasie de l'endomètre, voire d'autres anomalies plus rares.
Chez les femmes plus âgées, en particulier après la ménopause, on va volontiers retrouver des polypes ou une atrophie de la muqueuse et parfois un cancer de l'endomètre.
On aura également recours à cet examen à l'occasion de certains problèmes liés à la contraception par stérilet. Ce sont par exemple des stérilets "perdus", des saignements, des douleurs pelviennes, un début de grossesse… sous stérilet (avec la possibilité d'enlever l'appareil sous contrôle visuel, sans interrompre la grossesse, avec l'accord de la patiente).
Il en est de même pour l'exploration de certaines stérilités, notamment avant toute procréation médicalement assistée (PMA), dans le cas d'avortements à répétition ou en cas de stérilité inexpliquée.
Cet examen pourra enfin être utile lors d'un bilan avant ou après une intervention chirurgicale.
Comment se déroule l'examen ?
L'hystéroscopie "diagnostique" se déroule habituellement, sur rendez-vous, dans les cabinets de gynécologie disposant d'un matériel adapté, par un praticien qui a une bonne expérience de cet examen. L'examen ne nécessite aucune anesthésie car il est habituellement indolore.
• Le médecin commence par désinfecter le col, puis il met en place une pince pour tirer légèrement sur le col.
• Il introduit l'hystéroscope par voie vaginale puis par le col de l'utérus, vers l'intérieur de la cavité utérine. Le passage du col est indolore car le médecin prend soin de ne pas "forcer le passage".
• La cavité de l'utérus est ensuite distendue, afin d'améliorer la visibilité. Il s'agit en fait d'écarter les parois de la cavité utérine. Suivant le type de matériel, on injectera du gaz carbonique, ou du sérum physiologique.
• L'appareil, qui dispose d'une source de lumière, permet alors de prendre des photos et de pratiquer un examen vidéo qui peut être enregistré sur une cassette, et d'effectuer éventuellement des prélèvements pour analyse.
• L'hystéroscopie se déroule ensuite "en direct" sous le regard intéressé de la patiente qui peut regarder l'écran. Si elle est inquiète, elle se rassurera très vite constatant l'indolence de la manœuvre… et la curiosité fera le reste !
On observe ainsi successivement (voir le schéma) l'isthme utérin, les bords, les faces et le fond de l'utérus, les orifices de chacune des deux trompes. En retirant l'optique, le médecin pourra apprécier par une pression l'épaisseur de la muqueuse et enfin l'endocol.
S'il souhaite réaliser un prélèvement (biopsie), il utilisera une canule spéciale.
Tout ce matériel est, bien entendu, parfaitement stérile selon les normes actuelles de stérilisation.
L'examen proprement dit va ainsi durer entre une et trois minutes et aura permis une exploration parfaite et complète de la cavité utérine. Grâce à l'enregistrement vidéo, il pourra être à nouveau visionné, "à tête reposée" en présence d'une patiente parfaitement rassurée au vu du déroulement d'un examen qui avait été abordé non sans une certaine appréhension.
Grâce à sa fiabilité, sa réalisation sans anesthésie et sans hospitalisation, l'hystéroscopie diagnostique de consultation est ainsi considérée aujourd'hui comme l'examen de référence (on dit le "gold standard"), pour l'exploration de la cavité utérine, détrônant dans la plupart des indications la traditionnelle hystérographie (examen plus "lourd" qui consiste en une radiographie de l'utérus après injection dans la cavité d'un produit de contraste). Elle ne doit cependant pas être considérée comme une concurrente de l'échographie dont elle constitue le complément naturel.
Ne pas confondre : hystéroscopie "diagnostique" et hystéroscopie "opératoire" !
Le terme "hystéroscopie" recouvre deux actes très différents l'un de l'autre.
• D'une part l'hystéroscopie diagnostique qui est l'objet de cet article :
- Il s'agit d'un examen complémentaire à visée diagnostique ;
- il se réalise en consultation, sans anesthésie (acte indolore) ;
- le milieu de distension est en général le gaz carbonique
(parfois du sérum physiologique).
• D'autre part, l'hystéroscopie opératoire :
Véritable acte chirurgical réalisé sous anesthésie générale, au bloc opératoire, avec une instrumentation différente et plus grosse que pour l'hystéroscopie diagnostique ; le milieu de distension est un liquide particulier : le glycocolle.
A l'aide d'une petite anse électrique, l'hystéroscopie opératoire permet l'ablation de fragments de muqueuse, de polypes ou de certains fibromes. |
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