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La vaccination : priorité de santé publique

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Écrit par Isabelle Ampart (journaliste)

vaccination, sante publiqueLa semaine européenne de vaccination, s’est déroulée du 16 au 22 avril dernier. Elle a été l’occasion de favoriser une meilleure compréhension de la protection vaccinale et de mettre l’accent sur les recommandations chez les adultes (en particulier chez l’adulte jeune).

Initiée par l’OMS, et déclinée dans 24 pays de l’union européenne, la semaine européenne de la vaccination avait pour principaux objectifs d’améliorer la couverture vaccinale par l’information et la communication en direction des professionnels de santé et de la population, de renforcer les connaissances sur la vaccination et de toucher les groupes les plus difficiles à atteindre dans un souci de réduction des inégalités.

 

Cette année en France, 5 régions (Franche-Comté, Ile-de-France, Auvergne, Provence Alpes Côte d’Azur, Languedoc Roussillon), ont fait de la vaccination un axe prioritaire de santé publique. Cette implication fait suite au constat d’une protection collective insuffisante sur le territoire et à une sous-estimation de l’importance de la vaccination.

Afin de faire mieux comprendre les intérêts individuels et collectifs de la vaccination, mais aussi ses limites et les autres moyens de se protéger et de protéger son entourage de la transmission d’agents infectieux, les Groupements régionaux de santé publique (GRSP) ont engagé une démarche d’amélioration des connaissances et d’éducation à la santé accompagnant les évolutions de la politique vaccinale, notamment pour pouvoir mieux renforcer la protection dans certaines populations (jeunes adultes, professionnels, personnes âgées...).

 

Mémento vaccinal pour l’adulte

Cette année, l’accent est mis sur la protection de l’adulte, en particulier de l’adulte jeune, contre la coqueluche, la diphtérie, la polyomélite, la rougeole, la rubéole et le tétanos.
Dans ce cadre, l’édition d’un mémento du calendrier vaccinal rappelle les principaux éléments du calendrier vaccinal 2006 contre ces maladies infectieuses.


Coqueluche
On constate en France une modification de l’épidémiologie de la coqueluche. Du fait de la perte de l’immunité vaccinale (faute de rappel et en l’absence de contact avec la bactérie) les adultes peuvent présenter une infection et contaminer notamment les très jeunes nourrissons non vaccinés (en général leur(s) propre(s) enfant(s)). Aussi, pour prévenir les cas de coqueluche qui peuvent s’avérer très graves chez les enfants entre 0 et 4 mois la vaccination est recommandée :

· chez les adultes susceptibles de devenir parents dans les mois ou les années à venir et n’ayant pas reçu de vaccination contre la coqueluche ces 10 dernières années ;

· à l’occasion d’une grossesse pour les membres du foyer (pendant le grossesse pour le père et les enfants qui ne sont pas à jour de vaccination, et pour la mère, le plus tôt possible après l’accouchement)

Diphtérie
Une étude sérologique récente montre une protection immune insuffisante à partir de l’âge de 35 ans, en particulier chez les femmes. Un rappel avec un vaccin d’anatoxine diphtérique tous les 10 ans est nécessaire pour le maintien d’une couverture vaccinale importante.

Poliomyélite
Si l’élimination de la poliomyélite a été prononcée en 2002 en Europe, l’éradication de cette maladie reste une priorité de santé dans de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne et dans le sous-continent indien, rendant probable le risque d’exportation du virus vers d’autres pays.
Aussi, un rappel tous les 10 ans avec un vaccin d’anatoxine diphtérique reste nécessaire.

Rougeole
Les taux actuels de couverture vaccinale contre la rougeole sont de 85 %. Mais ils restent insuffisants, selon l’OMS pour envisager une éradication de la maladie. Les recommandations du calendrier vaccinal concernent surtout les jeunes de 15 à 26 ans (nés entre 1980 et 1992) n’ayant jamais été vaccinés, du fait de complications plus fréquentes et graves de la maladie chez les plus de 20 ans et pouvant entraîner le décès.

L’augmentation de la couverture vaccinale (avec un vaccin trivalent rougeole, oreillons et oreillons) des enfants avant l’âge de 2 ans (qui doit atteindre au moins 95 %), l’administration plus précoce d’une seconde dose de vaccin et la vaccination des sujets réceptifs que sont les adolescents et les jeunes adultes, devraient permettre, à terme, l’interruption de la transmission de la maladie. Chez les jeunes femmes en âge de procréer, le vaccin ne devra pas être administré pendant la grossesse pour éviter les risques de malformation chez l’enfant.

Rubéole
La rubéole peut avoir de graves conséquences sur le fœtus en cas contamination fœtale par une future maman non immunisée.
La vaccination concerne donc prioritairement les jeunes femmes en âge de procréer, non vaccinées et n’ayant jamais été en contact avec le virus.

Tétanos
Un rappel tous les 10 ans est nécessaire pour assurer une protection optimale contre le tétanos. Aujourd’hui en France, les personnes âgées sont les moins bien protégées, avec des rappels vaccinaux trop anciens.

 

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la vaccination…

La vaccination suscite de nombreuses questions. La semaine qui lui est consacrée est donc aussi l’occasion d’y apporter des éléments de réponse.

A quoi sert La vaccination ?
L’objectif de la vaccination est de provoquer chez la personne inoculée une protection spécifique contre un agent infectieux déterminé. Le vaccin stimule la capacité du système immunitaire à mémoriser le premier contact avec un antigène donné. En effet, un antigène est une substance chimique portée par une cellule ou un micro-organisme. Introduit dans l’organisme, il provoque une réaction spécifique du système immunitaire et la fabrication d’anticorps visant à le détruire ou à le neutraliser. Ainsi, quand l’agent infectieux est à nouveau présent dans l’environnement d’une personne, la rapidité de la reconnaissance, l’intensité de la réponse immune spécifique permettent d’éviter l’infection.

Les vaccins disponibles permettent une réduction spectaculaire de la morbidité et de la mortalité de maladies à diffusion planétaire, autorisant à envisager leur contrôle, voire leur éradication. La vaccination peut permettre l’élimination d’une maladie infectieuse d’un pays ou d’une région (poliomyélite, rougeole...). Avec l’éradication c’est la disparition mondiale et définitive d’une maladie infectieuse qui est obtenue, comme cela a été le cas avec la variole.

Est-on vacciné une fois pour toutes ?
Si pour certains agents infectieux, l’immunité est entretenue de manière naturelle, ce n’est pas le cas pour certaines infections qui nécessitent que cette immunité soit entretenue : des rappels réguliers de la vaccination sont alors obligatoires.

Quelles sont les vaccinations obligatoires ?
Pour la population générale, l
es vaccinations ont été rendues obligatoires en 1938 pour la diphtérie, en 1940 pour le tétanos, en 1950 pour le BCG et en 1964 pour la poliomyélite, c’est à dire à une époque où l'incidence de ces maladies était encore élevée en France (il y avait chaque année plus de 40 000 cas de tuberculose, environ 1 500 cas de diphtérie et 1 000 à 5 000 cas de poliomyélite) et où le niveau sanitaire général de la population nécessitait ces mesures strictes.

Une réflexion sur l’obligation vaccinale est actuellement en cours pour le B.C.G. mais nécessitera, compte tenu de la situation épidémiologique contrastée de la tuberculose de maintenir son utilisation dans les régions où elle reste fréquente.

Certains vaccins sont obligatoires pour les catégories professionnelles qui présentent un risque accru de contamination du fait des conditions de leur exercice, de même que les étudiants se préparant à ces professions de santé et sanitaire et sociale. Des sanctions sont prévues en cas de non respect de l'obligation vaccinale.

Quelles sont les vaccinations recommandées ?
Pour les enfants, les vaccins contre les maladies infectieuses infantiles apparues après 1970 n'ont pas été rendus obligatoires, mais sont vivement recommandés et introduits dans le calendrier vaccinal. C’est le cas pour la coqueluche, la rougeole, les oreillons et la rubéole, l’hépatite B, les formes invasives de l'infection à Haemophilus influenzae de type b (responsables d’affections respiratoires, de sinusites et de méningites chez les jeunes enfants), les infections à pneumocoque responsable de pneumonies).

Pour les adultes, citons le tétanos, la poliomyélite, et la diphtérie (mise à jour tous les dix ans), la coqueluche, la rubéole pour les femmes en âge de procréer non encore vaccinées.

Pour certaines professions exposées, les vaccins contre la leptospirose, la rage, l’hépatite A et B et la grippe sont recommandés.

C’est aussi le cas pour certaines populations à risque de complications de certaines maladies du fait de leur état de santé ou de leur âge qui peuvent recevoir des vaccinations contre les infections invasives à méningocoque C, le pneumocoque ou la grippe.

Il en va de même, dans des circonstances épidémiques particulières, par exemple lors de cas groupés ou récidivants de méningites ou d’hépatites A.

Enfin, à l’occasion de voyages, d'autres vaccins peuvent être prescrits, en fonction du lieu de destination.

www.avenirsdefemmes.com - Mai 2007

 

Pour en savoir plus :

> Le site consacré à la semaine de la vaccination : www.semainedelavaccination.fr

> Le site du ministère de la santé : www.sante.gouv.fr

> Le site de l’institut national de prévention et d’éducation pour la santé : www.inpes.sante.fr

> Le site du groupement régional de santé publique d’Ile de France: www.grsp-idf.fr

 

 

 

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