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L'endométriose Encore mal connue

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Écrit par Florence Cordier (journaliste)
Mal connue, sûrement sous-estimée (elle toucherait 5 à 10 % des femmes en âge de procréer), l'endométriose est une cause importante de douleurs pelviennes et d'infertilité. Malgré des traitements efficaces, elle reste une maladie chronique.

avenirsdefemmes.com - septembre 2004

Qu'est ce que l'endométriose ?

L'endomètre est la muqueuse qui tapisse la cavité utérine. Sous l'influence des hormones sexuelles (estrogènes et progestérone), elle se développe au cours du cycle menstruel pour accueillir un éventuel œuf fécondé. Elle est éliminée en fin de cycle s'il n'y a pas eu fécondation, ce sont les règles.
Pour des raisons encore mal connues, cette muqueuse migre et se développe de façon anormale sur le col de l'utérus ou dans le muscle utérin ou sur d'autres tissus ou organes, généralement au niveau de la cavité pelvienne ou abdominale :, sur les trompes, les ligaments soutenant les organes génitaux, les ovaires, le péritoine, le vagin, la vulve... ; plus rarement, elle peut atteindre des organes non génitaux, tels que les intestins, la vessie… Ces fragments de muqueuse, dits "ectopiques", sont soumis au même rythme hormonal que l'endomètre normal : ils se développent, se congestionnent et saignent pendant les règles. L'organisme réagit en développant un tissu fibreux cicatriciel qui entraîne douleurs et mauvaise mobilité des organes.

Quels sont les symptômes ?


Cette maladie est bénigne, mais peu avoir des conséquences non négligeables.
Les symptômes sont variables d'une femme à l'autre et davantage liés à la localisation des lésions qu'à leur importance. Certaines femmes sont même totalement asymptomatiques.
Le symptôme essentiel est la douleur qui peut prendre plusieurs aspects : des dysménorrhées (douleurs excessives au moment des règles), des douleurs chroniques du bas-ventre, des dyspareunies (douleurs lors des relations sexuelles), une défécation douloureuse en période de règles, une dysurie (douleur ressentie en urinant). Les règles peuvent également devenir abondantes ou irrégulières.
Etant sous influence hormonale et rythmée par le cycle, l'endométriose tend à disparaître au moment de la ménopause.

Comment fait-on le diagnostic ?

L'examen gynécologique seul ne suffit pas à affirmer une endométriose, mais il peut orienter le diagnostic, lorsque les signes décrits par la femme sont caractéristiques. Le toucher vaginal peut être douloureux, ou mettre en évidence des ovaires volumineux ou une mauvaise position de l'utérus ; l'examen du col de l'utérus peut montrer de petits kystes ou nodules bleutés saignant facilement.
Mais la confirmation de la maladie se fait par échographie ou d'autres techniques d'imagerie, et surtout par cœlioscopie (ou laparoscopie). Celle-ci permet de visualiser directement les lésions à l'intérieur de la cavité péritonéale, grâce à un tube optique introduit par l'ombilic, et d'en faire un prélèvement pour analyse.

Endométriose et stérilité


Cette pathologie est souvent mise en évidence au moment d'un bilan d'infertilité. C'est en effet l'une des grandes causes de stérilité. Chez les femmes infertiles, on retrouve la présence d'endométriose dans environ un tiers des cas. Mais beaucoup de patientes infertiles n'ont aucun signe clinique d'endométriose.
Une méthode de procréation médicalement assistée est proposée, comme une stimulation de l'ovulation ou une FIV.

Peut-on la traiter ?


Les traitements ont pour but de réduire les symptômes (essentiellement la douleur), de diminuer les lésions et de limiter les récidives. Le choix du traitement dépend des symptômes, du stade d'évolution de l'endométriose, du désir de grossesse, de l'âge.
Si le diagnostic est établi lors de l'examen cœlioscopique, la destruction des lésions se fait dans le même temps : les adhérences sont libérées, les lésions sont détruites. Si la cœlioscopie est insuffisante, on a éventuellement recours à une intervention avec ouverture de l'abdomen.
On associe généralement un traitement hormonal dont le but est de mettre les nodules d'endométriose au repos (ils ne sont plus soumis au cycle hormonal) : des progestatifs, certaines pilules, des analogues des androgènes et surtout des hormones appelées analogues de la LH-RH. En complément, la prise d'analgésiques simples ou d'anti-inflammatoires peut soulager les douleurs.
En dernier recours, chez les femmes dont l'endométriose est très sévère, on pratique une hystérectomie (ablation de l'utérus). S'il y a également ablation des ovaires, l'intervention produit une ménopause chirurgicale ; dans ce cas, une prise d'hormones de remplacement peut être nécessaire.

Pour en savoir plus
Endo-France, association de lutte contre l'endométriose :
www.endofrance.org

Dernière mise à jour : ( 11-09-2007 )
 

 

Date de la dernière mise à jour du site : 15-02-2010

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