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Parce qu’une grossesse épanouie est une grossesse que l’on choisit, il est aujourd’hui possible, légal et gratuit pour n’importe quelle femme, d’interrompre volontairement une grossesse non désirée. A qui s’adresser ? Jusqu’à quand peut-on avorter ? Comment ça se passe ?… Le point sur les démarches.
L’IVG : un droit pour toutes Depuis 1975, la loi Veil autorise l’avortement sur le territoire français pour toute femme, quelque soit son statut et sa nationalité. Seule la femme peut décider de pratiquer une intervention volontaire de grossesse (IVG), sans autorisation de son conjoint, de son médecin, ni même de ses parents si elle est mineure. Jusqu’à quand peut-on avorter ? Depuis le mois de juillet 2001, l’interruption volontaire de grossesse est autorisée jusqu’à 12 semaines de grossesse, soit 14 semaines depuis les dernières règles. A qui s’adresser ? Les démarches nécessaires pour une IVG sont assez longues. Elles comprennent une 1re consultation médicale, éventuellement complétée par des analyses de laboratoire et suivie d’une semaine de réflexion obligatoire avant la 2e consultation. En cas d’urgence, ce délai d’une semaine peut être réduit à 2 jours. Pour les mineures, un entretien avec une conseillère ou une assistante sociale est également obligatoire. Il a lieu pendant la semaine de réflexion et au moins 48 heures avant l’IVG. Le mieux est donc de prendre contact rapidement avec un hôpital public ou une clinique privée qui pratique des IVG. Vous pouvez aussi voir le médecin de votre choix. Pour toute information ou pour parler, n’hésitez pas à appeler un planning familial (www.planning-familial.org) qui saura vous aiguiller efficacement. Comment ça se passe ? Les IVG sont pratiquées dans des centres agréés : hôpitaux publics ou certaines cliniques privées. Il existe différentes techniques médicales fiables permettant de stopper la grossesse. L’IVG médicamenteuse Cette technique est proposée aux femmes dont la grossesse est inférieure à 5 semaines (soit 7 semaines après les dernières règles). Les IVG par médicament sont pratiquées à l’aide de comprimés de mifépristone appelés RU 486. Ces comprimés sont dispensés dans les hôpitaux public, dans certaines cliniques privées pratiquant les IVG et peuvent également, depuis 2004, être prescrits par un médecin de ville. Le nouveau projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) prévoit en outre, dès 2008, la dispense du RU 486 par les médecins des centres de planning familial.
En pratique, l’IVG médicamenteuse ne nécessite que quelques heures d’hospitalisation et se déroule en 3 étapes : 1 - Les comprimés de mifépristone (RU 486) sont dispensés lors d’une première consultation ; 2 - 36 à 48 heures plus tard, lors d’une seconde consultation, le médecin dispense un autre type de comprimé ou d'ovules à mettre dans le vagin. Ces derniers vont déclencher l'expulsion de l'œuf. Pendant quelques heures, vous resterez sous surveillance médicale. Des saignements, des contractions utérines, parfois douloureuses, surviendront et l'œuf sera alors expulsé. Les saignements peuvent ensuite durer une semaine, parfois plus ; 3 – enfin, une troisième consultation, 10 jours plus tard, permettra au médecin de s’assurer que la grossesse est bien interrompue. L’IVG par aspiration La technique d’avortement par aspiration est une technique instrumentale qui nécessite une anesthésie locale ou générale. L'intervention se fait au moyen d'une canule introduite dans le col de l'utérus, préalablement dilaté. La canule est reliée à un système d'aspiration qui enlève l'œuf et la muqueuse utérine interne. L’intervention se passe généralement dans la journée et nécessite quelques heures d’hospitalisation.
Et après ? Dès le lendemain de l'IVG, une pilule contraceptive vous sera prescrite pour un mois. Un examen médical et gynécologique sera également nécessaire dans le mois suivant l’intervention (médicamenteuse ou par aspiration). Ce sera aussi l’occasion de reparler de votre contraception avec le médecin et de choisir la méthode qui convient le mieux. Comment éviter une IVG ? Bien choisir sa contraception Aujourd’hui en France, un peu plus de 200 000 IVG sont pratiquées chaque année. Un chiffre encore trop élevé compte tenu de tous les moyens dont disposent aujourd’hui les femmes et les hommes en matière de contraception. Il s’explique en partie par une difficulté à gérer sa contraception au quotidien, notamment au cours des périodes de transition contraceptive (changement de contraception, suite d’accouchement...), lorsque les femmes sont particulièrement exposées au risque d’échec de la contraception.
Ainsi, si 28 % des femmes ayant recours à l’IVG n’utilisent pas de moyen de contraception, plus de 50 % d’entre elles usent pourtant de contraceptifs efficaces (pilule, préservatif, stérilet). Par ailleurs, 21 à 27 % des femmes déclarent encore oublier de prendre leur pilule, au moins une fois par mois.
C’est donc avec pour principal objectif de réduire le nombre d’IVG en France, qu’une grande campagne sur la contraception a été lancée depuis le 15 septembre 2007. Spots télé et radio, brochure, guide, affichettes, site Internet (www.choisirsacontraception.fr), Numéro Vert (0 800 235 236)… autant de moyens déployés pour informer et sensibiliser, notamment les populations les plus sensibles ou précaires, sur l’importance d’une bonne contraception.
Penser à la contraception d’urgence Accident de préservatif, oubli de pilule… le taux de recours à la contraception d’urgence, s’il augmente régulièrement, reflète encore une méconnaissance de l’existence, des modalités d’usage et du fonctionnement de ce dispositif.
Rappelons donc : • que le délai d’efficacité reconnu pour prendre la contraception d’urgence est de 72 heures ; • et qu’une ordonnance n’est pas nécessaire pour se la procurer. |
Des sites pour aller plus loin Mouvement français pour le planning familial : www.planning-familial.org Association Nationale des Centres d'Interruption de grossesse et de Contraception : www.ancic.asso.fr Coordination des Associations pour le Droit à l'Avortement et à la Contraception : www.cadac.org Sources documentaires : • Contraception : que savent les Français ? Connaissances et opinions sur les moyens de contraception : état des lieux. Dossier de presse - INPES - 5 juin 2007 • Mouvement Français pour le planning familial www.planning-familial.org |