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Notre vie de femme est rythmée par les cycles menstruels. Et puis, entre 40 et 50 ans, c'est l'anarchie, progressivement les cycles s'espacent et s'arrêtent. Pourquoi cette mécanique bien rôdée se met-elle à se dérégler ?
avenirsdefemmes.com, février 2005
La fin de la vie génitale de la femme se termine à la ménopause, lorsque le cycle menstruel s'arrête. L'arrêt du cycle est symbolisé par l'arrêt des règles et l'on dit d'une femme qu'elle est réellement ménopausée quand elle n'a pas eu de règles pendant au moins 1 an. Juste avant l'arrêt définitif des règles, la femme aura connu une période plus ou moins longue d'irrégularités dans son cycle : cette période est appelée périménopause. Chez certaines, cette période n'existe pas ou se réduit à deux ou trois cycles irréguliers, mais pour d'autres, elle peut durer plusieurs années avant que les règles ne disparaissent définitivement. C'est pendant cette période que vont démarrer les troubles fonctionnels et, en particulier, les bouffées de chaleur qui pourront empoisonner la vie de certaines femmes. Ces troubles témoignent d'une rupture de l'équilibre jusque là harmonieux entre les deux hormones féminines : les estrogènes et la progestérone. Enfin, à la ménopause proprement dite, alors qu'elles pourraient se sentir soulagées par l'arrêt de leur cycle menstruel, les femmes devront subir les effets néfastes de la carence hormonale. Car l'arrêt des règles marque également l'arrêt définitif des sécrétions hormonales qui jusque là assuraient l'équilibre subtil du corps féminin.
Une fin programmée
Le cycle menstruel débute à la puberté, puis poursuit son activité cyclique jusqu'à la cinquantaine, âge moyen de la ménopause. Au niveau des ovaires, lors de chaque cycle, se développe un "follicule" (c'est la "maturation folliculaire"), groupe de cellules ovariennes au sein duquel un ovule, ou ovocyte, se forme. L'ovulation (expulsion d'un ovocyte vers la trompe) se produit aux alentours du 14e jour et, sous l'influence des hormones sexuelles secrétées au cours du cycle, la muqueuse de l'utérus se prépare à une nidation (implantation de l'embryon) éventuelle. S'il n'y a pas fécondation, les règles se déclenchent habituellement au 28e jour. La sécrétion cyclique des hormones féminines, estrogènes et progestérone, est étroitement liée au développement de ces follicules. C'est donc de façon harmonieuse que le cycle menstruel rythme la vie génitale de chaque femme.
A l'approche de la ménopause, cette mécanique commence à se dérégler, ce qui entraîne des troubles plus ou moins gênants. Ce dérèglement est lié à un épuisement progressif du stock de follicules ovariens que possède chaque femme. En effet, contrairement à l'homme dont les testicules sont capables de fabriquer des spermatozoïdes jusqu'à un âge avancé, les ovaires possèdent un stock de follicules (et donc d'ovules) déterminé dès la naissance, et ne sont plus en mesure d'en "fabriquer" de nouveaux. Le nombre de follicules ovariens décroît considérablement tout au long de la vie génitale par un phénomène de "mort programmée", lors de chaque cycle menstruel. La fin programmée de l'activité génitale de chaque femme, la ménopause, survient lors de l'épuisement complet de cette réserve en follicules.
Quand le cycle devient capricieux
Avant l'arrêt définitif des règles, la femme est en période dite de "périménopause". C'est une période d'incertitudes plus ou moins longue, qui survient en moyenne autour de 45 ans. C'est au cours de cette période que vont survenir les premières anomalies du cycle menstruel. Le stock de follicules est appauvri : lors de certains cycles, l'un des follicules restants pourra se développer normalement et aboutir à une ovulation ; au cours d'autres cycles, il n'y aura pas de maturation folliculaire et pas d'ovulation. Les ovulations se faisant plus rares, les sécrétions hormonales sont perturbées, les cycles se désorganisent petit à petit, les règles deviennent capricieuses, anarchiques dans leur durée ou leur fréquence. Des absences de quelques semaines ou de quelques mois peuvent se succéder ou alterner avec des règles épuisantes, espacées de quinze à vingt jours ; un saignement peut parfois s'éterniser et entraîner des règles presque permanentes. Des cycles longs peuvent aussi succéder à des cycles courts et il peut parfois même être difficile de retrouver un semblant de règles. Les femmes redoutent en général ces saignements inopinés et intermittents. Troubles qui disparaîtront bien entendu à la ménopause proprement dite, marquant l'arrêt définitif des règles.
Les premiers désagréments...
C'est durant cette période de périménopause que vont survenir pour la première fois certaines autres manifestations gênantes. Elles sont la conséquence directe du déséquilibre hormonal lié au développement anarchique des follicules ovariens. En effet, lors d'un cycle normal, les cellules folliculaires secrètent en première partie de cycle les estrogènes, et l'ovulation déclenche la sécrétion de la progestérone en deuxième partie de cycle par ce que l'on appelle le "corps jaune" (follicule transformé après rupture et émission de l'ovule). Durant la période de périménopause, lors des cycles anovulatoires (cycles sans ovulation), la progestérone ne peut pas être sécrétée, en l'absence de formation du corps jaune. Le maintien d'une sécrétion en estrogènes par les follicules restants, associé à cette chute de la progestérone, entraîne un déséquilibre hormonal responsable de l'apparition de troubles parfois invalidants. Ceux-ci peuvent se manifester de façon variée : tension ou douleur au niveau des seins, rétention d'eau, prise de poids, syndrome prémenstruel, petits saignements en fin de cycle ou règles très abondantes. L'apport d'un progestatif en 2e partie de cycle peut alors être utile chez certaines femmes pour rétablir l'équilibre hormonal.
L'arrivée de la ménopause
La sécrétion ovarienne en estrogènes diminue à son tour progressivement, avec la disparition des follicules. Les règles deviennent moins abondantes, un cycle disparaît de temps à autre. Les premiers signes de la carence en estrogènes peuvent alors apparaître : bouffées de chaleur, troubles de l'humeur ou du sommeil, sécheresse vaginale...
Puis la sécrétion ovarienne finit par s'arrêter définitivement et les troubles, variables d'une femme à l'heure, deviennent plus systématiques. Le but du traitement hormonal de la ménopause, lorsque son utilisation est justifiée par des troubles gênants et qu'il n'y a pas de contre-indications, est alors de corriger la carence hormonale en estrogènes.
Les hormones féminines exercent leur action sur un grand nombre de tissus et d'organes. Cela explique que la ménopause peut avoir des répercussions, non seulement au niveau de l'appareil génital, mais également sur des parties du corps aussi diverses que le système nerveux, la vessie ou la peau. La carence hormonale peut entraîner une certaine fatigue ou un état dépressif. La vie sexuelle peut être altérée : la sécheresse vaginale rend les relations intimes particulièrement douloureuses ; certaines femmes ressentent une baisse du désir, conséquence de la chute des estrogènes mais aussi des androgènes (secrétés en petites quantités par les ovaires) qui ont habituellement un effet excitant sur la libido. Les femmes seront par ailleurs davantage sujettes aux infections génitales ou urinaires, car les muqueuses, privées d'hormones, se défendent moins bien contre certaines infections. Les modifications hormonales entraînent également des modifications de la pilosité, des cheveux et de la peau. Enfin, la chute du taux des estrogènes peut être responsable d'une modification disgracieuse de la répartition des graisses (la taille s'épaissit). Beaucoup de femmes accuseront même une réelle prise de poids, du fait d'une réduction de la quantité de calories brûlées : en effet, le manque d'estrogènes aura tendance à faire diminuer la masse musculaire, habituellement grande consommatrice d'énergie.
A plus long terme, la carence en estrogènes a des conséquences au niveau des os, en augmentant le processus de destruction osseuse et en favorisant ainsi une ostéoporose. Il se produira alors plus facilement des fractures du fait de cette fragilisation de l'os. Enfin, le système circulatoire sera également susceptible d'être touché, car les estrogènes exerçaient jusque là une action protectrice sur les vaisseaux sanguins.
Les symptômes le plus fréquemment rencontrés au début de la ménopause
- Bouffées de chaleur : 75 à 80%
- Troubles du sommeil, fatigue, modifications de l'humeur : 60 %
- Perturbations de la sexualité : 50 à 70%
- Sécheresse vaginale : 45 à 50%
- Fuites urinaires : 35 à 50%
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