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Elle est fréquente, plutôt gênante, bénigne le plus souvent. Elle peut sembler banale, mais entraîne des risques majeurs chez la femme enceinte. Alors, au moindre doute, consultez votre médecin car les traitements sont efficaces. Avenirs de femmes n°14 / 2004
On parlait auparavant de "vaginite aspécifique", les médecins parlent maintenant plus volontiers de "vaginose". Ce mot savant désigne en fait les infections vaginales dues à des bactéries pathogènes qui se développent lorsque l'équilibre de la flore bactérienne physiologique est perturbé, car cet "écosystème" qui nous protège est fragile. Beaucoup de femmes (près de 2 femmes sur 10) en ont souffert à un moment ou à un autre de leur vie. Ainsi, elle est beaucoup plus fréquente que les mycoses (ou candidoses) vaginales. Quand risque-t-on une vaginose bactérienne ? Le milieu vaginal est protégé des infections par ce que l'on appelle la "flore" bactérienne vaginale, un ensemble de bactéries protectrices qui colonisent en permanence le vagin, sans aucune conséquence négative. Au contraire, le rôle de la flore vaginale est d'empêcher les bactéries et autres germes pathogènes de se développer. Cette flore bactérienne ne peut se maintenir que lorsque le pH vaginal est bas (entre 3,8 et 4,2), c'est-à-dire plutôt acide, elle secrète alors des substances qui empêchent la prolifération de germes infectieux. Lorsque cette "barrière écologique" est perturbée ou détruite, elle laisse alors la place à des bactéries - ou à d'autres agents infectieux - beaucoup moins bienveillantes. • Des soins ou une toilette intime agressifs risquent par exemple de modifier le pH vaginal et d'altérer la flore vaginale. • Certains traitements antibiotiques, dits "à large spectre", s'attaquent autant à l'infection pour laquelle vous êtes soignée qu'aux bactéries utiles de la flore vaginale. • Un déséquilibre hormonal, comme la carence en estrogènes survenant à la ménopause, peut aussi modifier l'équilibre vaginal. Les estrogènes jouent en effet un rôle important dans la bonne santé de la paroi vaginale. Comment la reconnaître ? Elle se manifeste presque exclusivement par ce que l'on appelle une "leucorrhée", que vous connaissez mieux sous le terme de "pertes blanches". L'examen gynécologique est a priori normal. Mais cette leucorrhée a un aspect un peu particulier - pertes un peu grisâtres et adhérant aux parois - et surtout une odeur désagréable très caractéristique (de poisson pourri, dit-on !) ; elle vous alertera sûrement et les médecins la reconnaissent bien. Celui-ci fera pratiquer des tests spécifiques après avoir fait un frottis ; ces examens permettront de confirmer l'infection bactérienne. L'étude au microscope en particulier montre des cellules très caractéristiques, qu'on appelle les "clue cells". Le cas spécifique de la femme enceinte Si elle est bénigne, bien que plutôt gênante, chez la plupart des femmes, il faut s'en méfier chez les femmes enceintes. Cette infection fait en effet courir des risques importants d'accouchement prématuré ou d'infection plus grave pour le foetus et la mère. Un traitement rapide par des antibiotiques et des produits permettant de restaurer le pH vaginal sera alors indispensable pour éviter les complications. Peut-on la traiter ? Il existe un traitement antibiotique, dit "de référence", habituellement prescrit par les médecins. Il peut être administré par voie orale, avec parfois de petits troubles digestifs, ou par voie locale. Il faut également, en parallèle à ce traitement curatif donné sur une courte période, rétablir de façon systématique l'écosystème vaginal, ce qui permettra d'éviter les récidives, relativement fréquentes (dans 30 % des cas). Certains traitements locaux jouent ce rôle en permettant de normaliser le pH vaginal d'une manière durable.
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