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La réponse à cette question semble évidente, depuis que l’apparition du sida a mis en avant le rôle protecteur du préservatif contre toutes les infections sexuellement transmissibles (IST). Pourtant, les études montrent une augmentation de la fréquence de certaines de ces infections depuis quelques années, témoignant d’une moindre conscience des risques et d’un relâchement de la prudence.
Dans la lutte contre les IST, l’information et la sensibilisation aux dangers de ces maladies sont essentielles car la prévention repose avant tout sur la vigilance et les comportements individuels. Se protéger des infections sexuellement transmissibles, c’est aussi se soumettre à des examens de dépistage, l’objectif étant de traiter précocement une éventuelle infection et de rompre la chaîne de contamination.
Anne Cogos (Journaliste)
Qu’est-ce qu’une IST ?
Les IST, autrefois appelées MST (maladies sexuellement transmissibles), sont des infections qui se transmettent par voie sexuelle, qu’il y ait pénétration (rapports génitaux et anaux) ou non (contacts entre les muqueuses buccales, génitales, anales). Une seule relation non protégée suffit à contaminer un partenaire. Ces infections sont dues à différents microbes : des bactéries (gonococces, chlamydias et mycoplasmes, syphilis), des virus (papillomavirus, hépatite B, herpès, virus VIH du sida), des parasites (trichomonase, gale, pou du pubis) et, dans une moindre mesure, des champignons (mycoses). Pour certaines d’entre-elles, le mode de transmission n’est pas uniquement sexuel, il peut aussi être sanguin (VIH, hépatite)
Une recrudescence de certaines IST
Les bilans de surveillance de l’Institut de veille sanitaire (InVS) relèvent une progression de certaines IST en France après une longue période de baisse liée à la banalisation de l’usage du préservatif. La syphilis, devenue très rare, réapparaît aujourd’hui, et touche essentiellement des hommes homosexuels, de même que la lymphogranulomatose vénérienne rectale (une forme particulière de chlamydiase). Les chlamydiases génitales communes (infections à Chlamydia trachomatis), la gonorrhée (gonococcie), l’herpès génital et les infections à papillomavirus (ou condylomes) sont d’autres IST relativement fréquentes ou en progression chez l’homme et chez la femme. Ces études montrent aussi une corrélation entre IST et infection par le virus du sida, deux facteurs de risque étant avancés : les lésions provoquées par certaines IST sur les muqueuses favorisent la pénétration du VIH et la faiblesse immunitaire qui caractérise l’infection par le VIH augmente le risque d’infections en général, dont les IST.
La fin des grandes campagnes de prévention et une moindre couverture médiatique, d’une part, la mise au point de traitements plus efficaces, d’autre part, ont sans doute éloigné la menace du sida dans les esprits et favorisé une reprise des conduites à risque. Par ailleurs, les jeunes générations qui n’ont pas connu les années d’apparition de la maladie sont probablement moins conscientes des dangers associés aux relations sexuelles non protégées.
Pourquoi il est important de se protéger : les risques des IST
- La plupart des IST se soignent bien et ne laissent pas de séquelles lorsqu’elles sont prises en charge rapidement. Mais certaines sont graves d’emblée ou à terme lorsqu’elles ne sont pas traitées.
- - Même si la phase de séropositivité au virus du sida s’est allongée grâce aux progrès thérapeutiques (multithérapies), les traitements antiviraux, lourds et permanents, provoquent des effets secondaires difficiles à supporter et, surtout, ils ne guérissent pas la maladie.
- - Une hépatite B qui devient chronique (10% des cas d’infection environ) peut rester bénigne (porteurs du virus non malades), mais aussi donner de graves complications (cirrhose, cancer du foie).
- - L’herpès génital est une infection chronique. Les poussées surviennent à intervalles variables d’une personne à l’autre, mais le virus (herpès simplex de type 2, VHS-2) n’est jamais éliminé de l’organisme et la transmission est possible même en dehors des crises. On sait aussi que l’herpès labial (VHS-1) peut provoquer un herpès génital chez le partenaire à la suite de contacts oro-génitaux.
- - La syphilis se soigne bien et rapidement lorsqu’elle est diagnostiquée tôt. Mais en l’absence de traitement, elle peut évoluer en plusieurs phases de gravité croissante (syphilis secondaire et tertiaire entrecoupées de phases de latence) avec des complications très graves.
- - Non traitées, des IST apparemment anodines peuvent provoquer des complications sérieuses. Les chlamydiases et les gonorrhées (dont le traitement est devenu délicat en raison d’une résistance aux antibiotiques) sont à l’origine de stérilité féminine et de grossesses extra-utérines. Certains papillomavirus peuvent donner des lésions dites précancéreuses à l’origine de cancers du col de l’utérus.
- - Les IST qui fragilisent les muqueuses (herpès génital, syphilis) augmentent le risque de transmission du virus VIH lors de contacts sexuels non protégés.
- - En cas de grossesse, presque toutes les IST peuvent avoir des conséquences importantes sur le nouveau-né, la contamination pouvant se faire, selon les cas, in utero, lors de l’accouchement et/ou par l’allaitement.
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La clé de la prévention : le préservatif
- - Le préservatif est la meilleure des protections contre le virus du sida et les autres IST. Il doit être utilisé à chaque rapport sexuel à risque, c’est-à-dire jusqu’à ce que la relation du couple soit stable et fidèle, et que les deux partenaires soient indemnes de toute infection (voir ci-dessous : L’importance du dépistage).
Le préservatif est également nécessaire lors des contacts oro-génitaux ou oro-anaux aussi bien pour prévenir une contamination par le virus du sida que pour protéger des IST qui se transmettent par simple contact cutané ou muqueux (syphilis, herpès, papillomavirus, notamment).
Le préservatif féminin, qui constitue une bonne alternative au préservatif masculin, permet aux femmes d’acquérir une plus grande autonomie et maîtrise dans la protection contre les IST.
Il est important d’insister sur l’usage systématique du préservatif : une seule relation sexuelle suffit à contaminer un partenaire, y compris la "première fois". Le romantisme, l’ivresse, la négligence, la recherche du risque ou les pensées magiques (« ça n’arrive qu’aux autres ») peuvent conduire à des écarts dangereux.
- - La vaccination contre l’hépatite B est recommandée chez les enfants de moins de 13 ans (elle peut être effectuée chez le nourrisson) et chez les adultes exposés (entourage d’une personne infectée, personnel médical…). Le vaccin est efficace, mais il inquiète encore les familles : en dépit d’études tendant à montrer le contraire, on le soupçonne encore d’augmenter le risque de sclérose en plaques et de maladies auto-immunes.
- - Un vaccin contre certains papillomavirus (protégeant, par conséquent, contre le cancer du col de l’utérus) est disponible depuis 2006. Il est recommandé chez les jeunes filles avant les premiers rapports sexuels (vers 14 ans). À côté de ces mesures "techniques" ou médicales, il existe un deuxième axe de prévention sur lequel il est difficile de communiquer et d’influer : les comportements sexuels. La fidélité mutuelle ou la réduction du nombre de partenaires font partie des modes de prévention des IST au même titre que l’usage du préservatif et l’éducation sexuelle.
L’importance du dépistage
Le dépistage fait partie intégrante de la protection contre les IST car il permet de mettre en route un traitement et, si possible, d’éviter que la contamination se poursuive de partenaire en partenaire.
Quand faut-il demander un dépistage ?
- - Si l’on présente des symptômes : sensation de brûlure sur les organes génitaux, démangeaisons, écoulement jaunâtre du vagin, de la verge ou de l’anus, douleurs au bas-ventre, verrues (papillomavirus) ou vésicules douloureuses (herpès génital) sur les organes génitaux ou l’anus… Des signes généraux sont également possibles (fièvre, fatigue, éruption cutanée, jaunisse…). Cependant, il faut savoir que, dans de nombreux cas, l’infection ne déclenche que des signes très discrets, voire aucun symptôme.
- - Après un rapport sexuel à risque, une agression sexuelle, un accident de préservatif, une injection à risque (seringue usagée). Au-delà du dépistage, il existe désormais un traitement dit post-exposition d’une durée de 1 mois qui permet de réduire le risque de contamination éventuelle au virus du sida. Pour cela, il faut se rendre dans les heures qui suivent (maximum 48 heures) dans un hôpital ou un centre de dépistage (gratuit et anonyme).
- - Pour arrêter le préservatif lorsqu’une relation amoureuse devient stable et mutuellement fidèle.
Comment se déroule le dépistage ?
Le suivi médical :
Après l’interrogatoire et l’examen de son patient, le praticien peut décider de demander certains tests de dépistage s’il a repéré des signes évocateurs, s’il considère qu’il existe un risque (partenaires multiples) ou, tout simplement, dans le cadre d’un bilan de santé général ou spécifique (grossesse).
Les examens de dépistage :
Ce sont essentiellement des prises de sang (VIH, hépatites, syphilis) et des prélèvements locaux (chlamydiase, gonococcie, herpès, trichomonase, papillomavisus). Le frottis cervical (prélèvement de cellules du col de l’utérus) est recommandé dès le début de la vie sexuelle puis à intervalles de 1 à 3 ans selon les cas. Il permet de dépister des signes d’infection au papillomavirus et une évolution possible vers un cancer du col de l’utérus. Pendant la grossesse, le dépistage de la syphilis et de l’hépatite B sont obligatoires, celui du virus HIV est recommandé.
En cas d’infection :
Il est naturellement conseillé de prévenir son ou ses partenaires. Le médecin peut inciter son patient à le faire, en sa présence s’il le souhaite, mais il n’a pas le droit d’informer lui-même le compagnon ou la compagne.
Sources
INPES. dépistage du VIH et des IST, novembre 2007.
InV. (bulletin épidémiologique hebdomadaire, 5 février 2008. |